Inventaire des mégalithes des Alpes-Maritimes


Le dolmen des Blaquières (Vence, Alpes-Maritimes)

(d'après le bilan scienifique DRAC - PACA, Service Régional de l'Archéologie, 1996)

Le site des Blaquières est situé au nord de Vence, quartier du plan des Noves, dans une zone au relief mouvementé. Découvert à la suite de fouilles clandestines, ce site n'avait jusqu'à présent été jamais été mentionné dans la littérature. Il se présentait Sous la forme d'un tertre aplati d'environ 12 m de diamètre. La périphérie du nord-ouest au nord-est était recouverte d'un amas de blocs disposés en croissant, atteignant par endroit 1 ,50 m de hauteur et plus de 2,50 rn de largeur. Ce dépôt très faiblement patiné et très aéré s'opposait au reste du tertre fortement érodé et complètement colmaté par les apports éoliens.

Le tumulus

De forme grossièrement ovalaire, le tertre de 12 x 4 m a une hauteur réelle de quelques dizaines de cm dans sa partie centrale et de plus de 2 m dans le secteur nord-est. La situation particulière du monument installé sur une rupture de pente semble être la cause de l'irrégularité du tumulus. Le fort dénivelé (1,90 m dans l'angle nord-ouest par exemple) a déformé la couronne et les renforts de matériaux disposés entre la chambre et la bordure du tertre ont, soit été entraînés vers le bas du talus, soit été arrêtés dans leur chute par un replat dû à une zone de fracture du substrat à la limite sud-ouest sud-est. Les matériaux utilisés sont tous d'origine locale. On observe dans leur composition trois. éléments différents : deux grandes dalles qui ont été utilisées pour les piliers de la chambre, des lauzes de taille moyenne (40 a 70 cm de longueur et 4 à 9 cm d'épaisseur) et enfin des blocs plus ou moins parallélépipédiques à arêtes vives. Tous ces modules sont en calcaire local et proviennent des divers bancs qui émergent du sol dans un rayon, de 200 à 300m autour du dolmen

Le couloir
Construit à l'aide de lauzes calcaires provenant d'un banc à peu près régulier (5 à 8 cm d'épaisseur), le couloir épouse une forme de navette (longueur environ 2,50 m, largeur maximale 0,92 m). Le côté sud actuellement le mieux conservé devait s'appuyer sur l'orthostate sud-est à la limite du passage ménagé entre les deux dalles fermant la chambre. Un amas de blocs disposé dans l'espace libéré par le basculement rend difficile la lecture de l'articulation entre la chambre et le couloir. L'extrémité sud-ouest du couloir paraît fermée par une accumulation de blocs dont le module est plus important que celui des pierres utilisées dans la construction du tertre.

La chambre

Sa forme n'a pu être cernée avec précision. Les murs latéraux étaient peut-être comme ceux du couloir, bâtis à l'aide de lauzes d'épaisseur à peu près constante. On a pu observer, sur tout l'emplacement probable de la chambre, des phénomènes d'effondrement (lauzes avec fort pendage vers le centre du monument, disposées parfois en lits parallèles sans que l'on puisse attribuer à ces observations une signification bien nette (éléments basculés ou remblaiements volontaires). L'absence systématique d'assise superposée et le dépôt en apparente continuité plaideraient en faveur de la seconde proposition. La zone axiale semble comblée par des blocs et non par des lauzes comme à la périphérie à l'emplacement probable des murs. C'est dans ce secteur qu'apparaissent des amas lenticulaires de sédiment noirâtre provenant vraisemblablement du niveau sépulcral contenant des débris d'ossements et du mobilier archéologique.

Le décapage du tumulus a permis de circonscrire de petits amas de sédiments provenant du niveau sépulcral et disposés à la périphérie de l'effondrement dû à la chambre. Leurs emplacements et surtout la différence de niveaux (0,20 à 0,30 m) par rapport à ceux observés au centre indiquent qu'il y a eu des vidanges du niveau sépulcral à une époque indéterminée...