Article extrait
des Mémoires de L’institut de Préhistoire et d’Archéologie
Alpes-Méditerranée (t. XL,)
UN ENSEMBLE PROTOHISTORIQUE EN BORDURE
ORIENTALE DU PLATEAU DE CAUSSOLS :
TROUBADE
Laurent DEL FABBRO
INTRODUCTION
Figure 1 : les sites protohistoriques du plateau de Caussols
LE QUARTIER DE TROUBADE
Figure 2 : topographie générale du site de Troubade
Le
castellaras [20]
De forme rectangulaire, il mesure une cinquantaine de
mètres de long du nord au sud, pour quarante mètres de large d’est en ouest.
Dans l’enceinte même on ne note pas d’aménagement particulier et la roche
affleure pratiquement sur toute la surface du camp qui est bordé, à l’est,
par un léger à-pic donnant sur un talweg. La muraille est constituée d’un
double parement avec remplissage, on remarque dans l’angle nord-est quelques
blocs cyclopéens dont le plus gros avoisine les trois tonnes. L’accès au camp
s’effectuait par une rampe en chicane visible près de l’angle sud-ouest.
Cinquante mètres à l’est, on rejoint un sentier difficilement discernable
longeant vers le sud une autre zone d’habitat et qui mène ensuite vers le
chemin de pierre-feu dans le vallon du même nom ou, en amont, vers le chemin
de Troubade.
Ce castellaras a été probablement utilisé comme enclos à bétail. Dans l’enceinte
nous avons récolté quelques tessons de céramique indigène comprenant un dégraissant
à base de micaschiste (Age du Fer).
Les enclos Sud
Au sud-ouest du camp, le pendage s’accentue en direction
du sud, le relief est plus accidenté, et on remarque de larges bancs de calcaires
très karstifiés. Profitant de la physionomie de ce secteur, les occupants
des lieux ont utilisé la roche en place, la complétant par des murets en pierres,
constituant ainsi des enclos accolés les uns aux autres.
Les éboulis en contrebas des structures ont donné quelques tessons de même
nature que ceux rencontrés dans le castellaras et le village principal. Le
plus important est un fragment de panse d'urne carénée à paroi fine (moins
de 5 mm) dont le diamètre à la panse est supérieur à 20 centimètres. Dans
la pâte, d’aspect marron clair, on distingue des inclusions de quartz et de
mica. Cette céramique évoque l’Age du Fer.
Immédiatement à l’ouest, un large chemin contourne les dolines et remonte
en direction de l’angle sud-ouest du village. Le cadastre de 1832 ne mentionne
pas cette voie, qui est par contre bien visible sur la photo aérienne.
Dans l’angle sud-ouest du castellaras, près de la rampe d’accès, un mur se
prolonge vers l’ouest pour aboutir à quelques mètres des enclos qui paraissent
en étroite relation avec le camp, cet ensemble ayant été peut-être occupé
parallèlement a une zone définie du village à un moment donné. Le large chemin
était peut-être destiné à l’usage du bétail qui, partant du camp, évitait
ainsi la traversée du village et la zone immédiatement au sud de celui-ci,
trop peu praticable.
Le second habitat [21]
Les différents aménagements effectués dans ce secteur
ne peuvent être considérés comme une extension de la zone d’habitat principale,
du moins dans sa forme actuelle. Ici, on ne retrouve pas l'ordonnancement
caractéristique du village de Troubade avec ses divisions clairement établies,
ce qui signifie vraisemblablement que cet ensemble a été occupé lors d’une
phase distincte. Quelques enclos rudimentaires aux blocs imposants sont complétés
au nord par une succession de murets en pierres sèches délimitant plusieurs
“compartiments”. Des fonds de cabanes sont visibles ça et là, mais la présence
d’une végétation assez dense et le mauvais état général des vestiges de structures
bâties, surtout au nord, en raison des remaniements historiques, rendent difficile
l’approche générale du site. Ces structures d'habitats sont bordées à l’ouest
et au nord par des chemins encore utilisés au début du siècle et à l’est par
une doline encaissée.
L’absence de matériel archéologique, hormis quelques fragments de meules en
rhyolite, ne nous permet pas d’avancer une datation précise de ce dernier
site. On peut noter à proximité la présence d’un aven sépulcral du Bronze
final, mais cela ne signifie pas obligatoirement que cet espace funéraire
ait été en relation directe avec ce second habitat.
L’aven sépulcral ou grotte murée
Lorsque cet aven fut découvert, en 1969, l’entrée se présentait sous la forme
d’une salle d’une dizaine de mètres carrés dont les accès étaient défendus
par des murs en pierres sèches, vraisemblablement de manière à protéger les
dépôts sépulcraux. Cette organisation spatiale n’est actuellement plus visible.
Les galeries supérieures se développent sur près de 200 mètres, très exactement
à la verticale des structures d'habitat de surface. Une succession de puits
(P10, P5, P20) [22] mène au point bas connu du gouffre à 40 mètres de profondeur.Toutes les informations
dont nous disposons sur cette cavité ont été communiquées au S.R.A [23] de P.A.C.A. par C. RUCKER, alors responsable de la section archéo-spéléologique
du G.R.H.P.
Les anciens chemins du quartier
de Troubade dans la commune de Gourdon
Dans le relief accidenté du Haut-Pays, les chemins que l’on fréquentait il
y a un siècle reprennent dans bien des cas un tracé ancien. En effet, les
populations occupant jadis ces terroirs ont bien souvent entretenu les voies
déjà existantes, elles-mêmes établies selon un schéma privilégiant la “facilité
d’accès” au sein d’un relief chaotique. Le meilleur passage a toujours été,
de tout temps, celui que l'on empruntait systématiquement avant que l'on dispose
de moyens techniques susceptibles de passer outre les caprices du relief.
Actuellement, il est difficile de localiser sur le terrain les cheminements
anciens qui desservaient autrefois le quartier. Quelques portions de sentiers
sont toutefois visibles, mais on ne peut les suivre sur de longues distances
sans qu’ils semblent alors se perdre dans la rocaille. Afin de retrouver les
anciens chemins du secteur de Troubade, il a été nécessaire d’utiliser une
photo aérienne au 14.500ème ainsi qu’une carte d’état major de 1934 au 20.000ème.
Toutefois, le document ayant apporté le plus d’informations est le cadastre
“Napoléonien” de 1832, consultable aux Archives Départementales, sur lequel
est mentionné les voies de communication de l’époque. L’utilisation du matériel
informatique a permis de repositionner l’ensemble des voies et des parcelles
sur une carte topographique moderne. Plusieurs observations ont pu être alors
effectuées :
- L’actuelle D12 qui mène de Gourdon à Caussols n’existe pas en 1832.
- Le chemin de pierre-feu, itinéraire privilégié entre Gourdon et Caussols,
est dédoublé sur une partie de sa longueur, offrant la possibilité d’emprunter
soit le versant ouest du vallon, soit le coté opposé:
Sur le versant ouest du vallon, une courte portion du
chemin est encore mentionnée en tirets sur les cartes IGN au 25.000. Le cadastre
nous indique qu'il aboutit ensuite au quartier de Troubade, en remontant le
vallon du Clos d’Aubriac. Ce faisant, il longe la muraille occidentale du
village antique à une vingtaine de mètres.
Sur l’autre versant du vallon on retrouve la continuité du chemin de pierre-feu
qui s’est dédoublé en formant une boucle autour du Clos de Robert. Arrivé
au quartier de Lea Valloua, un sentier suit le talweg en direction des structures
observées au sud-est du castellaras. L’étude de la photo aérienne et la prospection
sur le terrain avaient permis de repérer, aux abords du second habitat, un
chemin qui semblait se diriger en direction du camp. Le cadastre de 1832 a
précisé ses aboutissants. Au niveau des enclos, le chemin est délimité par
des murets en gros appareil peut-être protohistoriques. Si cette hypothèse
pouvait-être vérifiée nous serions alors sur un chemin antique, du moins dans
sa partie supérieure, qui rejoindrait un peu plus au nord, une voie importante
: le chemin de Troubade.
- Le chemin de Troubade permet le passage du plateau de Caussols au plateau
de Cavillore en évitant la descente du vallon de pierre-feu. Il passe au nord
de l’enceinte du village de Troubade, puis se dirige vers l’est où il rejoint
le chemin de Cipières. Une Carraire du chemin de Troubade conduit au plateau
de Calern.
Après avoir énuméré ces cheminements, nous pouvons essayer d'établir des liaisons
entre différents sites connus. Au risque de nous répéter, les informations
que l'on doit déduire d'une telle démarche doivent être considérées avec la
plus grande précaution. Notre but n'est pas de démontrer que tel ou tel cheminement
historique est également antique, mais d'essayer de mettre en évidence des
axes préférentiels d'échanges et de communication qui pourraient avoir été
fréquentés depuis la plus haute antiquité jusqu'à leur abandon au début de
notre siècle. Nous avons ainsi remarqué que d'autres emplacements d'habitats
gallo-romains ou protohistoriques, tous situés aux abords du plateau de Caussols
sont desservis par les principaux chemins anciens. Ces derniers seraient donc
un élément essentiel a prendre en compte dans le cadre d'une recherche globale
qui tendrait à mettre en relation divers gisements protohistoriques, mais
seule une datation précise des voies et des sites permettrait d'élaborer des
conclusions fiables.
LE MATÉRIEL ARCHÉOLOGIQUE
Au cours des différentes visites effectuées sur le site, nous avons identifié
du matériel archéologique, en surface et principalement dans les avens. Celui-ci
a été observé hors contexte stratigraphique, les informations que l’on peut
en tirer sont donc limitées. Néanmoins, elles constituent des points de repères
chronologiques indispensables à l'approche, même superficielle, d'un ensemble
de l'importance de Troubade.
Dans le village
le matériel mis au jour en aven
En 1993, lors d’une prospection spéléologique intra muros, nous avons exploré un aven s’ouvrant dans une zone terreuse en bordure d’un
enclos rectangulaire. Quelques tessons accompagnés d’une petite masse métallique,
en fait un lot de trois monnaies, étaient visibles dans l’effondrement constituant
l’ouverture du gouffre :
L’analyse des monnaies a été effectuée par Claude SALICIS de l’IPAAM. En ce
qui concerne la monnaie celtique, nous en avons également fait parvenir un
moulage à M. DHENIN, Conservateur au Cabinet des Médailles de la B.N.F. [24] , qui nous a communiqué de précieuses informations en complément.

Figure 4 : monnaie massaliote
le matériel découvert en surface
Les meules :
De nombreux fragments de meules parsèment le village, de la simple “meule
dormante” en grès à des blocs de rhyolite appartenant, semble-t-il, à des
moulins plus complexes. Rhyolite et grès sont deux roches importées par les
populations installées sur place. La première est d’origine magmatique, elle
provient de l’Esterel où des sites d'extraction sont attestés. La seconde
est une roche détritique consolidée qui affleure en de multiples endroits
des Alpes-Maritimes.
Les industries lithiques :
Nous avons également trouvé, près de la muraille constituant
l’enceinte du village, une pièce en silex présentant des retouches caractéristiques
d’un travail de taille. Cette lame semblait isolée, probablement entraînée
par les eaux de ruissellement. Le silex est brun clair, il ne provient pas
du gisement recensé en contrebas de Troubade où les nodules de silice sont
de nature différente. Deux déchets de taille ont également été récoltés à
une vingtaine de mètres de la première trouvaille. La taille du silex ayant
perduré jusqu’à la première moitié du IVème s. avant notre ère sur certains
sites en Provence, ces industries ne peuvent être considérées comme un indicateur
fiable.
Le matériel céramique :

Figure 7
Figure 8
CONCLUSION
Au terme de cet article nous devons rester prudent et nous garder des déductions
hasardeuses. L’étude d’un ensemble de cette importance ne peut se limiter
en aucun cas à l’analyse du matériel archéologique de surface ou à l’observation
des vestiges de structures bâties. Il conviendrait à présent d'organiser
une campagne de sondages susceptible de préciser la chronologie du site.
Les éclats de silex trouvés dans le village principal peuvent nous laisser
penser à la présence d’une station pré- ou protohistorique ( Chalcolithique
- Bronze ? ) déjà établie sur cet emplacement privilégié, prémices d'un
habitat plus important. Mais il s’agit peut-être, nous l’avons dit, de vestiges
tardifs.
Plus concrètement, au Bronze final l’aven de Troubade est utilisé en tant
que cavité sépulcrale. Ce mode d’inhumation est fréquent dans la région
et dans un rayon d’un kilomètre on peut en recenser plusieurs (cf. introduction)
datant pour la plupart de la même époque. Le “second habitat ” observé
en surface serait-il en relation avec ces inhumations ou est-il postérieur
à l’abandon de l’habitat principal ? La question reste posée.
Au premier âge du Fer, et plus précisemment aux alentours du VIème s. BC,
une phase d’occupation permanente du village principal semble indiscutable.
La présence d'un objet tel que le scalptorium est révélateur, à cette époque, de contacts avec des populations de culture
hallstatienne. Quand aux conséquences de l'implatation de Marseille et de
ses comptoirs sur Troubade, celles-ci restent à définir si seulement elles
existent. Le grand bronze massaliote traduit malgré tout une présence vers
la fin du IIIè siècle BC.
L'impact de la conquête romaine se remarque peu, en apparence, sur le site.
En effet, les vestiges typiquement romains sont rares contrairement au village
antique voisin (lieu-dit la Bergerie du Montet) où les éléments caractéristiques
de cette phase (nature de l’appareillage de certaines constructions, céramique,
tegulae...) étaient visibles bien avant la fouille archéologique. L'absence
de ce type de vestiges pourrait-il traduire malgré tout une occupation dans
un contexte de non romanisation à moins que le site n'ait été tout simplement
déserté. Mais gardons à l’esprit la présence d'indices matériels aussi discrets
soient-ils : petit bronze datable de 50 B.C et céramique commune orangée.
- Les vestiges observés à l’ouest de l’agglomération, près du vallon de
Pierre-Feu, peuvent témoigner d’une occupation où l’on a pu utiliser le
reste du site comme carrière à pierres, mais pas avant l’antiquité tardive.
BIBLIOGRAPHIE- Troubade : essai sur sa signification, D. THIERY, G.R.H.P., bull. N°6, (1997).
- Les enceintes des Alpes-Maritimes, G. BRETAUDEAU, ed. I.P.A.A.M., (1996).- Histoire du peuplement de trois villages du canton du Bar : Caussols, Le Rouret,
Roquefort ; L. AUNE, Mesclun (Culture et tradition dans les A.M.), N°21,
p. 12-16 (1993).- A la recherche des premiers bâtisseurs, D.RIBA et J. MOULIN,
p. 228-230 (1986).- Troubade, C.L. SALCH, Centre d’Archéologie Médiévale,
Strasbourg (1989).- Terroir de Caussols, site de La Troubade ; G. BRETAUDEAU,
Mem. de l’I.P.A.A.M., t. XXV, p. 22-24 et 42-45 (1983).- Les hameaux de
la Ligurie marinalpine au premier millénaire de notre ère, R. CHEVENEAU,
Mem. de l'I.P.A.A.M., t. XVIII, p. 24-26 et 54-55 (1976).
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier les personnes suivantes pour l'aide
apportée : MM. Pascal ARNAUD, Luc BUCHET, Eric COUILLEROT, Michel ROCHETEAU,
Claude SALICIS.
TROUBADE
Essai sur sa signification
Daniel THIERY
Le vocable « Troubade » a toujours intrigué les chercheurs et suscité quelques
interprétations dont la plus évidente, pour un provençal, fut celle de la
« trouvaille » (provençal troubado). Pour d’autres,
son origine remonterait au latin tropeum, tiré du grec tropaion,
« monument élevé à la suite d’une victoire remportée sur l’ennemi ».
Notre familiarisation avec les toponymes d’origine pré-latine, que l’on rencontre
en grand nombre dans l’arrière-pays grassois, principalement là où sont situés
les restes d’occupation pré-romaine, nous a conduit à rechercher une éventuelle
piste parmi eux.
Notre toponyme semble se présenter sous la forme deux racines accolées :
TRU- et BAD-. Examinons d’abord la première. En provençal, TRU,
TRUC (Mistral, TDF, p. 1058c), signifie « grosse pierre »,
« pierre enfouie dans le sol ». Mistral fait provenir le mot
du grec trukpala, trokpalon, signifiant « pierre ». Mais
on retrouve également une racine pré-indo-européenne, *TR- qui a fourni de
nombreux dérivés à base de TRUC que l’on rencontre dans toutes les
Alpes et le Massif Central concernant des hauteurs : TRUC, TRUCCA,
TRUCCHETTO, TRUCCI, TRUCCO, TRUCET, TRUCHAT, TRUCHIERE, TRUSCIERA, TSCHUGGE,
TSCHUGGEN, etc... Un dérivé du bas-latin trucus se rencontre
également dans le Piémont sous les formes « Trüch », « trück »,
avec le sens de « monticule », « rocher ». Sans pouvoir
déterminer précisément l’origine de cette racine, nous pouvons cependant retenir,
pour la première syllabe de Troubade, le sens de pierre-hauteur.
Pour la deuxième racine BAD-, le provençal fournit vado, signifiant
« guet » (Mistral, TDF, p. 1978c), du roman bada, « regarder »,
« écouter ». Mistral fait provenir le terme du latin patere,
« être ouvert » et ajoute qu’on le rencontre en sanscrit sous
la forme Bad, « ouvrir la bouche ». Il fait remarquer qu’une
des tours de la ville de Carcassonne est dite « Tour de la Vade ».
Mais nous retrouvons également encore ici une vielle racine pré-latine, dérivée
de *BAL-, *BEL-, *BOL-, qui a fourni, outre les Bau, Baou, également
les Baude, Baudine, Bauds, etc..., toutes ces dénominations désignant
des montagnes.
Une deuxième possibilité est encore offerte par la contraction de deux vocables,
TRUB et BADE, le premier issu de la racine *TR- qui se présente en
Ligurie avec un élargissement avec -B- : TR-B et qui a donné des toponymes
à base de TREB, TRUB, TRIB, etc... (ROSTAING ; Toponymie de la Provence,
p. 274) ; le deuxième, BADE, que nous avons rencontré plus haut.
Ces vieilles racines, nées durant les temps préhistoriques, ont ensuite perdu
leur sens originel. Dès le Vème millénaire, lors des invasions des peuples
indo-européens, elles subirent des transformations, puis plus particulièrement
lorsque la langue latine, ainsi que son dérivé roman, s’imposèrent durant
le premier millénaire de notre ère. Il est probable que notre TRU-BAD
ou TRUB-BADE, signifiant à l’origine « pierre-hauteur » a
pu ensuite prendre le sens « pierre-hauteur-qui-regarde », TRU-VADE.
Puis ce sens ayant perdu sa signification a subi une attraction naturelle
vers TROUBADE, offrant un sens compréhensible, mais sans rapport avec sa situation
et son antique fonction. La situation du quartier, sur un haut plateau
pierreux dominant des horizons lointains, habité dès l’Antiquité, correspondrait
tout à fait au sens premier que l’on a pu dégager : Pierre-Hauteur-qui-regarde.
[37] Cf. Aven
des Fourches (Sault, Vaucluse), S.R.A., Bilan Scientifique, 1994.