Article extrait des Mémoires de L’institut de Préhistoire et d’Archéologie 
Alpes-Méditerranée (t. XL,)


UN ENSEMBLE PROTOHISTORIQUE EN BORDURE

ORIENTALE DU PLATEAU DE CAUSSOLS :

TROUBADE

Laurent DEL FABBRO

INTRODUCTION

Le plateau de Caussols, situé dans le Haut-Pays Grassois est un site remarquable, au relief crevassé, caractéristique, que les géologues nomment karst et où se côtoient dolines, lapiaz et cavités de toutes sortes [1] . Ce lieu, aujourd’hui désertique, souvent enveloppé dans les nappes de brouillard, a été densément occupé par des populations agro-pastorales, à l’époque protohistorique (cf. fig. 1). En témoignent les nombreuses enceintes en pierres sèches [2]  qui parsèment les contreforts du Plateau ; au nombre de dix-huit inventoriées à ce jour, certaines d'entre elles ont vraisemblablement été édifiées durant l’Age du Fer. En témoignent également, les vestiges archéologiques découverts dans plusieurs cavités du secteur utilisées à des fins diverses : l’aven Cresp [3] (Bronze final), la Grotte des Morts [4] (Bronze final), les avens 3 et 4 des Claps [5] (Bronze ancien), l'Aven Pilou [6] (Bronze), la grotte du Gouffre-Faille [7] (Bronze final et Ier s. B.C.), les grottes de la Colle de Rougiès et du Pourtegal [8] (Bronze), la grotte des Trépassés [9] (Bronze), le Trou Milou (Bronze moyen-final), l’aven Khéops [10] , la grotte des Os [11] (Bronze final), l’Aven de la Lauve [12] , l’aven du bas Montet Occidental ou aven du Zoo [13] (Fer)...

Cette fréquentation intense se traduit naturellement par la présence de zones d’habitat identifiées en périphérie du plateau : habitats de l’Embarnier, du Ferrier, village gallo-romain de la Bergerie du Montet (en partie fouillé par le C.R.A [14] /C.N.R.S. et l’I.P.A.A.M [15] . sous la direction de Luc BUCHET) et enfin,  le village de Troubade, complétant l’aperçu du contexte protohistorique, particulièrement riche et paradoxalement si peu exploité, de ce terroir.

Au quartier de Troubade, dans la partie orientale du plateau de Caussols, se trouvent en effet les vestiges d’un vaste ensemble comprenant une enceinte, deux zones d’habitat dont une très étendue, des enclos et un aven contenant du matériel archéologique. Il n’est pas étonnant de rencontrer en ces lieux des structures d’habitats permanents car les conditions environnantes sont des plus favorables : présence de plusieurs sources, de terrains pouvant être cultivés, bonne exposition pour un village. Ce site est connu depuis fort longtemps, mais il n’a jamais fait l’objet de fouilles ou d’études sérieuses. Quelques éléments ont cependant été publiés par l’I.P.A.A.M. [16] et par le Centre d’Archéologie Médiévale de Strasbourg [17] dont la publication tend à démontrer que Troubade était un établissement du haut Moyen-âge (VIè-XIè siècle). Notre propos sera de mettre en évidence une occupation plus ancienne du site grâce, notamment, au matériel archéologique observé en surface ou dans les coupes stratigraphiques naturelles en bordure d’effondrements souterrains.

Figure 1 : les sites protohistoriques du plateau de Caussols

LE QUARTIER DE TROUBADE

Description du quartier


Pour les descriptions suivantes, il convient de se reporter à la figure 2 qui donne une vue d’ensemble des lieux.


Le quartier se situe au Nord-Ouest de la commune de Gourdon, en  bordure orientale de la commune de Caussols entre 1120 et 1140 mètres d’altitude, au pied des pentes abruptes menant au plateau de Calern. L’accès au site ne présente pas de difficulté : après avoir franchi le Col de l’Ecre, on s’engage sur un chemin de terre longeant le ravin de l’Ecre, mentionné clairement sur les cartes IGN au 25.000 ème, qui mène 300 mètres plus loin en limite nord du village principal.

Les sources
Aujourd’hui, deux sources principales s’écoulent au nord du village. Elles ont pour origine les eaux d’infiltration qui, après avoir traversé les calcaires perméables du plateau de Calern, sont stoppées par les argiles et ressortent au niveau de la ligne de chevauchement des deux plateaux. Divers aménagements observés près des sources sont destinés à capter et à distribuer cette eau, ils sont d’époque historique. Cependant, rien n’interdit de penser que les populations vivant jadis à Troubade n’avaient pas, elles aussi, conçu un système pour amener l’eau plus près de la zone d’habitat. Mais l’édification de nombreuses restanques durant les siècles derniers a profondément bouleversé le secteur au nord du village, cette hypothèse reste donc invérifiable pour le moment.

Le village
Il occupe à lui seul une superficie de plus d'un hectare. Il est bordé à l’Ouest par un vallon cultivé en terrasses aux siècles derniers parcouru par le “chemin de pierre-feu”, à l’est par un talweg, et au nord par des terres propices à la culture. Le village est établi sur un terrain en pente douce, de nature calcaire, où de nombreuses strates affleurent. Il est entièrement délimité par une muraille en pierres sèches, constituée d’un double parement à l’appareillage assez irrégulier. A l'instar de l'oppidum du Baou des Noirs [18] , ne pourrait-on voir en ce rempart les fondations d'une palissade? (cf. figure 3 [19] ).         L’agglomération est organisée selon un schéma structuré : des parcelles quadrangulaires sont accolées les unes aux autres et contiennent pour certaines des vestiges de fond de cabanes généralement adossées aux murs. Ces unités sont reliées entre elles par une suite de voies, les principales étant au nombre de trois, orientées est-ouest. Ces dernières sont entrecoupées par des ruelles secondaires qui complètent le réseau de circulation. Toutes ces voies sont le plus souvent bordées de murs en gros appareil. Les vestiges de structures d'habitat sont en majorité localisés au centre du village, zone à l’organisation assez complexe. Les caractères proto-urbains qui se dégagent de cet habitat peuvent lui conférer à juste titre la dénomination d'oppidum.

Bien qu'en apparence ce village soit relativement homogène, il n'a certainement pas été édifié en une seule fois et a pu connaître au cours du temps des phases de réoccupations matérialisées par de nouvelles extensions, voire des modifications de structures en place. Certains murs en gros appareil  pourraient ainsi correspondre à d'anciennes limites. De plus, au nord-ouest, à l’extérieur de l’enceinte, on observe des fonds de cabanes et des murailles traduisant peut-être une phase d’occupation tardive. Dans les pierriers de ce secteur, nous avons en effet trouvé des fragments de
tegulae, et c'est le seul point du site où ces tuiles romaines sont présentes. Des recherches ne nous ont cependant pas permis de découvrir des constructions en petit appareil, caractéristiques de l'époque gallo-romaine.

Une cavité (l’Aven du Tabac) située en limite sud du village nous a parue intéressante. Elle n’a pas livré de matériel archéologique hormis quelques ossements d’ovicapridés, mais nous avons remarqué que les pierres formant le sol de la galerie proviennent de l’extérieur et non pas de l’effondrement des parois internes, suggérant un comblement intentionnel de l'aven.

Dans le village, dix avens ont été repérés. L’aven du Tabac peut présenter un intérêt sur le plan archéologique, les autres cavités sont en formation sur des failles géologiques rapidement impénétrables. Il ne faut toutefois pas les négliger car ce sont parfois de véritables “pièges à sédiment” pouvant contenir du matériel.

Figure 2 : topographie générale du site de Troubade


Le castellaras
[20]

De forme rectangulaire, il mesure une cinquantaine de mètres de long du nord au sud, pour quarante mètres de large d’est en ouest. Dans l’enceinte même on ne note pas d’aménagement particulier et la roche affleure pratiquement sur toute la surface du camp qui est bordé, à l’est, par un léger à-pic donnant sur un talweg. La muraille est constituée d’un double parement avec remplissage, on remarque dans l’angle nord-est quelques blocs cyclopéens dont le plus gros avoisine les trois tonnes. L’accès au camp s’effectuait par une rampe en chicane visible près de l’angle  sud-ouest.

Cinquante mètres à l’est, on rejoint un sentier difficilement discernable longeant vers le sud une autre zone d’habitat et qui mène ensuite vers le chemin de pierre-feu dans le vallon du même nom ou, en amont, vers le chemin de Troubade.

Ce castellaras a été probablement utilisé comme enclos à bétail. Dans l’enceinte nous avons récolté quelques tessons de céramique indigène comprenant un dégraissant à base de micaschiste (Age du Fer).

 
Les enclos Sud


Au sud-ouest du camp, le pendage s’accentue en direction du sud, le relief est plus accidenté, et on remarque de larges bancs de calcaires très karstifiés. Profitant de la physionomie de ce secteur, les occupants des lieux ont utilisé la roche en place, la complétant par des murets en pierres, constituant ainsi des enclos accolés les uns aux autres.

Les éboulis en contrebas des structures ont donné quelques tessons de même nature que ceux rencontrés dans le castellaras et le village principal. Le plus important est un  fragment de panse d'urne carénée à paroi fine (moins de 5 mm) dont le diamètre à la panse est supérieur à 20 centimètres. Dans la pâte, d’aspect marron clair, on distingue des inclusions de quartz et de mica. Cette céramique évoque l’Age du Fer.

Immédiatement à l’ouest, un large chemin contourne les dolines et remonte en direction de l’angle sud-ouest du village. Le cadastre de 1832 ne mentionne pas cette voie, qui est par contre bien visible sur la photo aérienne.

Dans l’angle sud-ouest du castellaras, près de la rampe d’accès, un mur se prolonge vers l’ouest pour aboutir à quelques mètres des enclos qui paraissent en étroite relation avec le camp, cet ensemble ayant été peut-être occupé parallèlement a une zone définie du village à un moment donné. Le large chemin était peut-être destiné à l’usage du bétail qui, partant du camp, évitait ainsi la traversée du village et la zone immédiatement au sud de celui-ci, trop peu praticable. 


Le second habitat
[21]

Les différents aménagements effectués dans ce secteur ne peuvent être considérés comme une extension de la zone d’habitat principale, du moins dans sa forme actuelle. Ici, on ne retrouve pas l'ordonnancement caractéristique du village de Troubade avec ses divisions clairement établies, ce qui signifie vraisemblablement que cet ensemble a été occupé lors d’une phase distincte. Quelques enclos rudimentaires aux blocs imposants sont complétés au nord par une succession de murets en pierres sèches délimitant plusieurs “compartiments”. Des fonds de cabanes sont visibles ça et là, mais la présence d’une végétation assez dense et le mauvais état général des vestiges de structures bâties, surtout au nord, en raison des remaniements historiques, rendent difficile l’approche générale du site. Ces structures d'habitats sont bordées à l’ouest et au nord par des chemins encore utilisés au début du siècle et à l’est par une doline encaissée.

L’absence de matériel archéologique, hormis quelques fragments de meules en rhyolite, ne nous permet pas d’avancer une datation précise de ce dernier site. On peut noter à proximité la présence d’un aven sépulcral du Bronze final, mais cela ne signifie pas obligatoirement que cet espace funéraire ait été en relation directe avec ce second habitat.



L’aven sépulcral ou grotte murée


Lorsque cet aven fut découvert, en 1969, l’entrée se présentait sous la forme d’une salle d’une dizaine de mètres carrés dont les accès étaient défendus par des murs en pierres sèches, vraisemblablement de manière à protéger les dépôts sépulcraux. Cette organisation spatiale n’est actuellement plus visible.         Les galeries supérieures se développent sur près de 200 mètres, très exactement à la verticale des structures d'habitat de surface. Une succession de puits (P10, P5, P20)
[22] mène au point bas connu du gouffre à 40 mètres de profondeur.Toutes les informations dont nous disposons sur cette cavité ont été communiquées au S.R.A [23] de P.A.C.A. par C. RUCKER, alors responsable de la section archéo-spéléologique du G.R.H.P.


Les anciens chemins du quartier de Troubade dans la commune de Gourdon

Dans le relief accidenté du Haut-Pays, les chemins que l’on fréquentait il y a un siècle reprennent dans bien des cas un tracé ancien. En effet, les populations occupant jadis ces terroirs ont bien souvent entretenu les voies déjà existantes, elles-mêmes établies selon un schéma privilégiant la “facilité d’accès” au sein d’un relief chaotique. Le meilleur passage a toujours été, de tout temps, celui que l'on empruntait systématiquement avant que l'on dispose de moyens techniques susceptibles de passer outre les caprices du relief.

Actuellement, il est difficile de localiser sur le terrain les cheminements anciens qui desservaient autrefois le quartier. Quelques portions de sentiers sont toutefois visibles, mais on ne peut les suivre sur de longues distances sans qu’ils semblent alors se perdre dans la rocaille. Afin de retrouver les anciens chemins du secteur de Troubade, il a été nécessaire d’utiliser une photo aérienne au 14.500
ème ainsi qu’une carte d’état major de 1934 au 20.000ème.

Toutefois, le document ayant apporté le plus d’informations est le cadastre “Napoléonien” de 1832, consultable aux Archives Départementales, sur lequel est mentionné les voies de communication de l’époque. L’utilisation du matériel informatique a permis de repositionner l’ensemble des voies et des parcelles sur une carte topographique moderne. Plusieurs observations ont pu être alors effectuées :


- L’actuelle D12 qui mène de Gourdon à Caussols n’existe pas en 1832.

- Le chemin de pierre-feu, itinéraire privilégié entre Gourdon et Caussols, est dédoublé sur une partie de sa longueur, offrant la possibilité d’emprunter soit le versant ouest du vallon, soit le coté opposé:

Sur le versant ouest du vallon, une courte portion du chemin est encore mentionnée en tirets sur les cartes IGN au 25.000. Le cadastre nous indique qu'il aboutit ensuite au quartier de Troubade, en remontant le vallon du Clos d’Aubriac. Ce faisant, il longe la muraille occidentale du village antique à une vingtaine de mètres.

Sur l’autre versant du vallon on retrouve la continuité du chemin de pierre-feu qui s’est dédoublé en formant une boucle autour du Clos de Robert. Arrivé au quartier de Lea Valloua, un sentier suit le talweg en direction des structures observées au sud-est du castellaras. L’étude de la photo aérienne et la prospection sur le terrain avaient permis de repérer, aux abords du second habitat, un chemin qui semblait se diriger en direction du camp. Le cadastre de 1832 a précisé ses aboutissants. Au niveau des enclos, le chemin est délimité par des murets en gros appareil peut-être protohistoriques. Si cette hypothèse pouvait-être vérifiée nous serions alors sur un chemin antique, du moins dans sa partie supérieure, qui rejoindrait un peu plus au nord, une voie importante : le chemin de Troubade.

- Le chemin de Troubade permet le passage du plateau de Caussols au plateau de Cavillore en évitant la descente du vallon de pierre-feu. Il passe au nord de l’enceinte du village de Troubade, puis se dirige vers l’est où il rejoint le chemin de Cipières. Une Carraire du chemin de Troubade conduit au plateau de Calern.

Après avoir énuméré ces cheminements, nous pouvons essayer d'établir des liaisons entre différents sites connus. Au risque de nous répéter, les informations que l'on doit déduire d'une telle démarche doivent être considérées avec la plus grande précaution. Notre but n'est pas de démontrer que tel ou tel cheminement historique est également antique, mais d'essayer de mettre en évidence des axes préférentiels d'échanges et de communication qui pourraient avoir été fréquentés depuis la plus haute antiquité jusqu'à leur abandon au début de notre siècle. Nous avons ainsi remarqué que d'autres emplacements d'habitats gallo-romains ou protohistoriques, tous situés aux abords du plateau de Caussols sont desservis par les principaux chemins anciens. Ces derniers seraient donc un élément essentiel a prendre en compte dans le cadre d'une recherche globale qui tendrait à mettre en relation divers gisements protohistoriques, mais seule une datation précise des voies et des sites permettrait d'élaborer des conclusions fiables.


LE MATÉRIEL ARCHÉOLOGIQUE

Au cours des différentes visites effectuées sur le site, nous avons identifié du matériel archéologique, en surface et principalement dans les avens. Celui-ci a été observé hors contexte stratigraphique, les informations que l’on peut en tirer sont donc limitées. Néanmoins, elles constituent des points de repères chronologiques indispensables à l'approche, même superficielle, d'un ensemble de l'importance de Troubade.

Dans le village

le matériel mis au jour en aven


En 1993, lors d’une prospection spéléologique
intra muros, nous avons exploré un aven s’ouvrant dans une zone terreuse en bordure d’un enclos rectangulaire. Quelques tessons accompagnés d’une petite masse métallique, en fait un lot de trois monnaies, étaient visibles dans l’effondrement constituant l’ouverture du gouffre : 

L’analyse des monnaies a été effectuée par Claude SALICIS de l’IPAAM. En ce qui concerne la monnaie celtique, nous en avons également fait parvenir un moulage à M. DHENIN, Conservateur au Cabinet des Médailles de la B.N.F.
[24] , qui nous a communiqué de précieuses informations en complément.



Figure 4 : monnaie massaliote


- La première monnaie est un grand bronze massaliote portant à l’avers la tête d’Athéna à droite coiffée du casque corinthien (étoile derrière la nuque) et au revers le trépied delphien supportant un chaudron. Légende verticale : MAS-SA. Cette monnaie a été frappée à la fin du IIIème s. avant notre ère (figure 4).

- La deuxième est un petit bronze illisible, très érodé.

- La troisième, d’origine celtique, est un bronze frappé (sur un flanc coulé) appartenant au monnayage des Bituriges Cubi. A l’avers, on devine une tête à gauche à grandes mèches bouclées ; grènetis sous la base du cou, le visage est manquant. Au revers, un cheval à droite surmonte deux annelets (peut-être trois). Entre une double ligne d’exergue, une frise rappelle une légende (ici illisible). Il manque le sujet au-dessus et après la croupe du cheval, ainsi que les pattes antérieures. L’année d’émission est -50, après la conquête des Gaules.
Nous pouvons donc affirmer que ce lot de monnaies traduit  au moins deux phases d’occupation. L’une vers la fin du IIIème s. BC, l’autre postérieure à 50 BC. On peut ajouter que le bronze celtique découvert en un lieu éloigné de sa région d’origine (le Berry) atteste également du développement des échanges sur tout le territoire de la Gaule.

Parmi les tessons accompagnant les monnaies, nous avons pu isoler un fragment de panse et une partie de col avec départ d'anse appartenant à une amphore italique, de type Dressel I, produite entre 150-25 BC, ainsi que quelques fragments de céramiques indigènes d’aspect noirâtre.

le matériel découvert en surface

Les meules :        

De nombreux fragments de meules parsèment le village, de la simple “meule dormante” en grès à des blocs de rhyolite appartenant, semble-t-il, à des moulins plus complexes. Rhyolite et grès sont deux roches importées par les populations installées sur place.  La première est d’origine magmatique, elle provient de l’Esterel où des sites d'extraction sont attestés. La seconde est une roche détritique consolidée qui affleure en de multiples endroits des Alpes-Maritimes.

Zone de Texte:   Les industries lithiques :

Nous avons également trouvé, près de la muraille constituant l’enceinte du village, une pièce en silex présentant des retouches caractéristiques d’un travail de taille. Cette lame semblait isolée, probablement entraînée par les eaux de ruissellement. Le silex est brun clair, il ne provient pas du gisement recensé en contrebas de Troubade où les nodules de silice sont de nature différente. Deux déchets de taille ont également été récoltés à une vingtaine de mètres de la première trouvaille. La taille du silex ayant perduré jusqu’à la première moitié du IVème s. avant notre ère sur certains sites en Provence, ces industries ne peuvent être considérées comme un indicateur fiable.


Le matériel céramique :

Zone de Texte: Figure 5A et 5B
Un tesson intéressant mérite d’être mentionné. Il provient d’une voie centrale. C’est un bord appartenant à une jatte de plus de 20 cm de diamètre dont les surfaces internes et externes ont été lissées. La pâte est gris-brun, micacée. La lèvre est plate, décorée de motifs imprimés et l’on remarque un départ de versoir (fig. 5.A). Ce tesson appartient à une poterie dont la forme et le décor sont typiques du premier Age du Fer en Provence orientale. Ce type de matériel se retrouve sur des sites protohistoriques varois comme l’habitat du Mont Garou [25]  et l’Oppidum de la Courtine près d’Ollioules, ou sur l’Oppidum du Baou St-Marcel [26]   près de Marseille, dans des niveaux rattachables aux VIème et Vème s. avant notre ère. La figure 5.B représente un bord appartenant à un vase indigène de grande dimension, à lèvre arrondie, vraisemblablement un dolium. La pâte est composée d'argile mêlée à un dégraissant grossier à base de quartz et de feldspath. Le site de Baudouvin (la Vallette, Var) a livré de nombreux fragments de ces vases dans des niveaux du dernier quart du VIème s. B.C.Ces deux éléments nous orientent donc, dans le secteur concerné, vers un niveau d’occupation remontant au V-VIème s. BC.



 Des blocs de micaschiste sont à signaler en de nombreux points du site. Cette roche métamorphique, importée, entre dans la composition des poteries en tant que dégraissant . La présence de cette roche suggère une production locale de céramique.Signalons également, au nord-ouest du village,  la découverte de fragments de
tegulae [27]   ainsi qu’un tesson de céramique commune orangée, vestiges d’une occupation plus tardive.


En périphérie du village


Sur le chemin de Troubade, aux abords du village, un petit objet en bronze a été découvert fortuitement par des promeneurs en 1993 [28] . Il s’agit d’une “épingle” de 8 centimètres de long. Le corps est torsadé, la tête enroulée. L’extrémité présente une surface plane bifide (figure 6).


Figure 6


Cet “instrument de toilette” est un
scalptorium. Inconnu avant l’âge du Fer, il est typique des faciès du début de cette époque. J.DECHELETTE [29]   est le premier à employer le terme de “gratte-poux” pour définir l’usage de cet objet encore utilisé à l’époque romaine. La fonction essentielle des scalptoria hallstattiens est de “gratter” [30] , ils trouvent des usages  multiples dans la toilette quotidienne, et le terme de “gratte-poux”, bien qu’exact, est trop restrictif.

Les caractéristiques morphologiques du
scalptorium de Troubade se retrouvent dans un objet provenant du Gard que C. TENDILLE rattache au Premier Age du Fer (aspect filiforme, torsade, bronze) [31] . La tête enroulée permettait le passage d’un anneau dans lequel on pouvait ajouter d’autres instruments, on constituait ainsi une véritable “trousse de toilette” dont l’usage est attesté en Provence dès le VIIème s. B.C. [32] On retrouve ces scalptoria depuis la vallée du Danube, dans le Jura, la Marne, dans les sites desservis par le couloir rhodanien et dans tout le Midi de la France, tels des jalons révélateurs de la progression spatiale de cette civilisation hallstattienne.

Nous voici encore en présence d’un objet dont la production d’origine se situe loin du lieu de la découverte. La datation, postérieure au VIIè s. BC semble conforter ce que nous avions observé au sujet de la céramique.

Sur le mur du castellaras, où P. GOBY déclare avoir récolté des fragments de meule
[33] , une molette gisait parmi les éboulis. Ce galet rugueux d’aspect noirâtre a été roulé par les eaux avant d’être récupéré et amené sur le site. Cette pièce a été confiée à M. DUBAR, géologue au C.R.A. pour une analyse pétrographique. Cette roche est une amphibolite, elle a pu se former, soit dans le massif de l'Argentera (elle aurait alors été prélevée dans le lit du Var), soit dans le massif des Maures près du Plan de la Tour (83).  la forme du galet suggère qu’il a été longuement “roulé” par les eaux d’un cours d’eau important comme le Var serait en mesure de le faire, la seconde hypothèse doit donc être écartée.


Dans l'aven sépulcral [34]

Au cours d'une exploration, nous avons pu localiser deux zones recélant du matériel archéologique :

- La première se situe dans une alcôve naturelle formée par la paroi. De  nombreux ossements humains sont visibles à même le sol suite à un bouleversement dû à l’effondrement d’une strate de calcite sur laquelle avait été déposés les restes. Nous sommes apparemment en présence d’une sépulture collective, comprenant des individus adultes et enfants
[35] .

- Un deuxième point de l'aven comprend un vaste éboulis chaotique où se mêlent ossements humains, faune et mobilier archéologique. Nous avons pu identifier les éléments suivants :

- Deux
nuclei, témoignant de l’exploitation d’un gisement de rognons de silex situé en contrebas de Troubade [36] , sur l’étage géologique correspondant au Portlandien inférieur.

- Quelques tessons d’une urne biconique aux parois noires, lissées, à carène angulaire et bords divergents, attribuable au Bronze final II/III (fig. 7).


Figure 7

- Une pointe de flèche en bronze à ailerons recourbés et douille creuse datable du Bronze final III (fig. 8).

- Quelques ossements humains (tarses, vertèbre thoracique, fragment de crâne) mêlés à de la faune (canidé, bovidé, ovicapridés, suidé, et des esquilles carbonisées). Nous avons délibérément écartés les microrestes pouvant correspondre à de la faune intrusive.

Figure 8

Nous avons également prélevé des restes fauniques dans les galeries supérieures de l’aven. Michel ROCHETEAU, du laboratoire d’archéozoologie du C.R.A., a déterminé ces restes et ceux précédemment cités, nous en communiquons ici quelques données :

Les ossements appartiennent à des mammifères (carnivore, grand et petits ruminants)  dont (par genre, espèce):
-
Canis familiaris (chien) 
-
Bos (espèce indéterminée : boeuf  domestique ?)
-
Capreolus capreolus (chevreuil)
- Quelques restes d’
Ovis aries (mouton), et trois os fragmentés dont la détermination présente une réelle difficulté en raison de l’état du matériel, en particulier lorsqu’il s’agit de distinguer le mouton (Ovis aries) de la chèvre (Capra hircus).

On retiendra que la phalange appartenant au bovidé présente des incisions rectilignes assimilables à un travail de découpe avec un outil tranchant.

Ces ossements ne peuvent être associés aux dépôts funéraires décrits auparavant : la quinzaine d’ossements, pour au moins cinq animaux, conforte plutôt la thèse d’une percolation d’éléments, déposés à l’origine en surface, facilitée par plusieurs ouvertures supérieures espacées donnant accès au réseau souterrain. Rappelons qu’en surface se trouve le second habitat de Troubade (ou enceinte inférieure de Troubade), du matériel a donc sûrement dû être piégé dans la cavité mentionnée ici.

En résumé, nous pouvons penser que cette tombe collective a été utilisée de manière répétitive. Si l'on peut concevoir quelques activités domestiques occasionnelles, comme par exemple le stockage d'aliments
[37] , dans ce type de milieu au demeurant hostile ; le mobilier et les vestiges fauniques mêlés au restes humains peuvent être considérés comme un dépôt d'accompagnement ou offrande aux défunts. Le Bronze final sera retenu comme datation préliminaire.

CONCLUSION

Au terme de cet article nous devons rester prudent et nous garder des déductions hasardeuses. L’étude d’un ensemble de cette importance ne peut se limiter en aucun cas à l’analyse du matériel archéologique de surface ou à l’observation des vestiges de structures bâties. Il conviendrait à présent d'organiser une campagne de sondages susceptible de préciser la chronologie du site.

Les éclats de silex trouvés dans le village principal peuvent nous laisser penser à la présence d’une station pré- ou protohistorique ( Chalcolithique - Bronze ? ) déjà établie sur cet emplacement privilégié, prémices d'un habitat plus important. Mais il s’agit peut-être, nous l’avons dit, de vestiges tardifs.

Plus concrètement, au Bronze final l’aven de Troubade est utilisé en tant que cavité sépulcrale. Ce mode d’inhumation est fréquent dans la région et dans un rayon d’un kilomètre on peut en recenser plusieurs (cf. introduction) datant pour la plupart de la même époque. Le “second habitat ” observé  en surface serait-il en relation avec ces inhumations ou est-il postérieur à l’abandon de l’habitat principal ? La question reste posée.

Au premier âge du Fer, et plus précisemment aux alentours du VIème s. BC, une phase d’occupation permanente du village principal semble indiscutable. La présence d'un objet tel que le
scalptorium est révélateur, à cette époque,  de contacts avec des populations de culture hallstatienne. Quand aux conséquences de l'implatation de Marseille et de ses comptoirs sur Troubade, celles-ci restent à définir si seulement elles existent. Le grand bronze massaliote traduit malgré tout une présence vers la fin du IIIè siècle BC.

L'impact de la conquête romaine se remarque peu, en apparence, sur le site. En effet, les vestiges typiquement romains sont rares contrairement au village antique voisin (lieu-dit la Bergerie du Montet) où les éléments caractéristiques de cette phase (nature de l’appareillage de certaines constructions, céramique, tegulae...) étaient visibles bien avant la fouille archéologique. L'absence de ce type de vestiges pourrait-il traduire malgré tout une occupation dans un contexte de non romanisation à moins que le site n'ait été tout simplement déserté. Mais gardons à l’esprit la présence d'indices matériels aussi discrets soient-ils : petit bronze datable de 50 B.C et céramique commune orangée.

- Les vestiges observés à l’ouest de l’agglomération, près du vallon de Pierre-Feu, peuvent témoigner d’une occupation où l’on a pu utiliser le reste du site comme carrière à pierres, mais pas avant l’antiquité tardive.



BIBLIOGRAPHIE
- Troubade : essai sur sa signification, D. THIERY, G.R.H.P., bull. N°6, (1997). -  Les enceintes des Alpes-Maritimes, G. BRETAUDEAU, ed. I.P.A.A.M., (1996).- Histoire du peuplement de trois villages du canton du Bar : Caussols, Le Rouret, Roquefort ; L. AUNE, Mesclun (Culture et tradition dans les A.M.), N°21, p. 12-16 (1993).- A la recherche des premiers bâtisseurs, D.RIBA et J. MOULIN, p. 228-230 (1986).- Troubade, C.L. SALCH, Centre d’Archéologie Médiévale, Strasbourg (1989).- Terroir de Caussols, site de La Troubade ; G. BRETAUDEAU, Mem. de l’I.P.A.A.M., t. XXV, p. 22-24 et 42-45 (1983).- Les hameaux de la Ligurie marinalpine au premier millénaire de notre ère, R. CHEVENEAU, Mem. de l'I.P.A.A.M., t. XVIII, p. 24-26 et 54-55 (1976).

REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier les personnes suivantes pour l'aide apportée : MM. Pascal ARNAUD, Luc BUCHET, Eric COUILLEROT, Michel ROCHETEAU, Claude SALICIS.

TROUBADE

Essai sur sa signification

Daniel THIERY
 




Le vocable « Troubade » a toujours intrigué les chercheurs et suscité quelques interprétations dont la plus évidente, pour un provençal, fut celle de la « trouvaille » (provençal troubado). Pour d’autres, son origine remonterait au latin tropeum, tiré du grec tropaion, « monument élevé à la suite d’une victoire remportée sur l’ennemi ».

Notre familiarisation avec les toponymes d’origine pré-latine, que l’on rencontre en grand nombre dans l’arrière-pays grassois, principalement là où sont situés les restes d’occupation pré-romaine, nous a conduit à rechercher une éventuelle piste parmi eux.

Notre toponyme semble se présenter sous la forme deux racines accolées : TRU- et BAD-. Examinons d’abord la première. En provençal, TRU, TRUC (Mistral, TDF, p. 1058c), signifie « grosse pierre », « pierre enfouie dans le sol ». Mistral fait provenir le mot du grec trukpala, trokpalon, signifiant « pierre ». Mais on retrouve également une racine pré-indo-européenne, *TR- qui a fourni de nombreux dérivés à base de TRUC que l’on rencontre dans toutes les Alpes et le Massif Central concernant des hauteurs : TRUC, TRUCCA, TRUCCHETTO, TRUCCI, TRUCCO, TRUCET, TRUCHAT, TRUCHIERE, TRUSCIERA, TSCHUGGE, TSCHUGGEN, etc... Un dérivé du bas-latin trucus se rencontre également dans le Piémont sous les formes « Trüch », « trück », avec le sens de « monticule », « rocher ». Sans pouvoir déterminer précisément l’origine de cette racine, nous pouvons cependant retenir, pour la première syllabe de Troubade, le sens de pierre-hauteur.

Pour la deuxième racine BAD-, le provençal fournit vado, signifiant « guet » (Mistral, TDF, p. 1978c), du roman bada, « regarder », « écouter ». Mistral fait provenir le terme du latin patere, « être ouvert » et ajoute qu’on le rencontre en sanscrit sous la forme Bad, « ouvrir la bouche ». Il fait remarquer qu’une des tours de la ville de Carcassonne est dite « Tour de la Vade ». Mais nous retrouvons également encore ici une vielle racine pré-latine, dérivée de *BAL-, *BEL-, *BOL-, qui a fourni, outre les Bau, Baou, également les Baude, Baudine, Bauds, etc..., toutes ces dénominations désignant des montagnes.

Une deuxième possibilité est encore offerte par la contraction de deux vocables, TRUB et BADE, le premier issu de la racine *TR- qui se présente en Ligurie avec un élargissement avec -B- : TR-B et qui a donné des toponymes à base de TREB, TRUB, TRIB, etc... (ROSTAING ; Toponymie de la Provence, p. 274) ; le deuxième, BADE, que nous avons rencontré plus haut.

Ces vieilles racines, nées durant les temps préhistoriques, ont ensuite perdu leur sens originel. Dès le Vème millénaire, lors des invasions des peuples indo-européens, elles subirent des transformations, puis plus particulièrement lorsque la langue latine, ainsi que son dérivé roman, s’imposèrent durant le premier millénaire de notre ère. Il est probable que notre TRU-BAD ou TRUB-BADE, signifiant à l’origine « pierre-hauteur » a pu ensuite prendre le sens « pierre-hauteur-qui-regarde », TRU-VADE. Puis ce sens ayant perdu sa signification a subi une attraction naturelle vers TROUBADE, offrant un sens compréhensible, mais sans rapport avec sa situation et son antique fonction. La situation du quartier, sur un haut plateau pierreux dominant des horizons lointains, habité dès l’Antiquité, correspondrait tout à fait au sens premier que l’on a pu dégager : Pierre-Hauteur-qui-regarde.



[1] Plus de 200 cavités ont été inventoriées à ce jour sur la commune de Caussols.
[2]   Cf. Les enceintes des Alpes-Maritimes, G. BRETAUDEAU, éd. IPAAM, 1996.
[3]   Cf. Inventaire Spéléologique de la France, t. II, département des Alpes-Maritimes, Y. CREAC'H, 1962 et D.R.A.C. P.A.C.A., S.R.A., Bilan Scientifique, 1992.
[4]   Inventaire Spéléologique de la France, op. cit.
[5]   Un siècle de Recherches Préhistoriques et Protohistoriques en Provence Orientale (1875-1975), G. VINDRY, D.A.M., 1978.
[6]   Synthèse des travaux et découvertes du G.S.V. (1968-1981), D. DAMASE, I.E.N., 1982.
[7]   Nouvel Aperçu sur la grotte protohistorique du Gouffre-Faille, L. DEL FABBRO, E. COUILLEROT et al., G.R.H.P, Bull. N°3., 1995
[8]   D.R.A.C. P.A.C.A., S.R.A., Bilan Scientifique, S. FULCONIS, 1991.
[9]   Inventaire Spéléologique de la France, op. cit.
[10]   Ib.
[11]   D.R.A.C. P.A.C.A., S.R.A., Bilan Scientifique, S. FULCONIS, 1991.
[12]   L'Aven sépulcral de la Lauve (Gourdon, A.-M.), S. FULCONIS, Spelunca N°50, 1993. et D.R.A.C. P.A.C.A., S.R.A., Bilan Scientifique, S. FULCONIS, 1988 et 1989.
[13]   L'Aven du Bas Montet Occidental ou Aven du Zoo, L. DEL FABBRO, M. ROCHETEAU, G.R.H.P., Bull. N°4, 1995.
[14]   Centre de Recherches Archéologiques.
[15]   Institut de Préhistoire et d'Archéologie Alpes Méditerranée.
[16]   Cf. bibliographie.
[17]   Ib. 
[18] L’oppidum du Baou des Noirs à Vence (A.-M.), Jean LATOUR, D.A.M., 1985.
[19]   Cette figure correspond à la photo présentant l'article.
[20]   Cf. Les enceintes des Alpes-Maritimes, G. Bretaudeau, ed. IPAAM, 1996, p. 208. Nous  reprenons le terme de castellaras par facilité sans pour autant y associer une fonction particulière.
[21]   Enceinte inférieure de la Troubade in  Les enceintes des A.-M., G. Bretaudeau, ed. IPAAM, 1996, p. 208.
[22]   En terme de spéléologie, P10 = puits de 10m de profondeur.
[23]   Service Régional de l’Archéologie
[24]   Bibliothèque Nationale de France
[25]   Le matériel archéologique préromain découvert au Mont-Garou (Sanary-Var), A.H. AMANN, 1977.
[26]   L’oppidum préromain du Baou de St-Marcel près de Marseille, p. AGOSTINI, 1972.
[27]   R.CHENEVEAU déclare également avoir trouvé un morceau de tegulae, cf. bibliogr.
[28]   L’objet aurait été déposé au Musée de Préhistoire Régionale à Menton, nous ne disposons que de sa photographie.
[29]   Manuel d’Archéologie Préhistorique, Celtique et Gallo-romain, t.III, 1er âge du Fer - Hallstatt, p. 369, 1927.
[30]   Les scalptoriums hallstattiens du S-O de la France, A. SOUTOU, Bull. S.P.F., t. LVI, fasc. 1-2, p. 121-128, 1959.
[31]   Mobiliers métalliques protohistoriques de la région Nîmoise : instruments de toilette et vaisselle (IV), C. TENDILLE, D.A.M., p. 61-82, 1982.
[32]   Les civilisations de l’âge du Fer en Provence, P. ARCELLIN, La préhistoire française, II, 1976.
[33]   Sur quelques meules à grains et un moulin ancien ressemblant au “trapetum” découverts dans l’arrondissement de Grasse (A.-M.), 1906.
[34]   Nous avons recueilli du matériel archéologique uniquement quand celui-ci se trouvait en surface,  hors stratigraphie, afin d'éviter que d'autres visiteurs ne dispersent ces quelques éléments et qu'ils soient alors perdus à tout jamais comme cela arrive trop souvent dans de nombreuses cavités du département. Ainsi, les descriptions sommaires que nous livrons ici pourront être prise en compte dans le cadre d’une éventuelle étude du gisement.
[35]   Nous avons “protégé” provisoirement cet espace, mais si aucune opération de sauvetage n’est rapidement programmée, il faudrait envisager un comblement de l’ouverture avec des blocs de pierre, seule méthode réellement efficace pour prévenir des actes de pillage.
[36]   Terroir de Caussols et site de La Troubade, habitat ancien et site de taille de silex, G. BRETAUDEAU, Mém. de l’IPAAM, t. XXV.

[37]   Cf. Aven  des Fourches (Sault, Vaucluse), S.R.A., Bilan Scientifique, 1994.

 



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