Saint-Vallier de Thiey (Alpes-Maritimes)

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La Montagne du Doublier (Commune de Saint-Vallier-de-Thiey. Alpes-Maritimes). Daniel THIERY. Etude historique sur les constructions et aménagements en pierre sèche.

Quand l’on monte de Grasse vers Saint-Vallier par la N 85, dite Route Napoléon, on se trouve à mi-pente d’une montagne culminant à 1245 mètres. Elle offre une déclivité très accentuée et le sommet présente deux crêtes où, sur la première, a été édifié le « Centre-Radioélectrique du Doublier ». Si l’on s’aventure par la pittoresque route de la Malle, à la hauteur de la Maison d’Arrêt de Grasse, puis que l’on emprunte la route menant au Centre Radio, l’on voyage dans un univers minéral, où arbustes et arbres tentent d’apprivoiser une terre ingrate. Si l’on s’engage plus avant, à pied et à l’aventure, l’on va buter sur d’innombrables murs, terrasses et constructions en pierre sèche. La question sera vite soulevée : qui, quand et pourquoi ? Comment des hommes ont-ils pu défricher un endroit si déshérité, l’aménager en terrasses, y construire des bâtiments, y trouver de l’eau ? C’est ces interrogations que nous allons tenter de satisfaire, en consultant tous les documents disponibles, en particulier les cadastres de l’ancien régime et celui dit napoléonien. Leur analyse, qui pourra paraître fastidieuse, est indispensable pour comprendre le processus d’aménagement de ce terroir. Dans une deuxième partie, nous présenterons les constructions et aménagements divers en tentant de les intégrer aux données historiques révélées dans la première partie.

Le Grand Passage ou Grand Pas d’avérage - Une voie de transhumance sur un tracé romain à Saint-Vallier-de-Thiey par Daniel THIERY.
L’étude que nous menons sur l’histoire de Saint-Vallier nous a conduit à nous intéresser aux chemins qui traversent et sillonent le territoire de la commune. L’un d’entre eux, tombé dans l’oubli depuis longtemps, a attiré notre attention par ses diverses particularités.
Les archives, particulièrement le Rapport sur les Clots de 1655 et les cadastres des 17 et 18èmes siècles citent des dizaines de fois comme confronts pour cerner des propriétés un certain “ Grand Passage ”. Le plan cadastral de 1817 indique deux dénominations :  “ Grande Carraire ” et “ Grand Pas d’avérage ”. Il  figure parfaitement cette “Grande Carraire ” : elle traverse, d’Est en Ouest une partie du territoire de la commune, au Sud du village, du Col du Pilon jusqu'à la route de Saint-Cézaire (Planche n° 1). Son parcours est de 3 km 800 et passe 700 mètres au Sud du village, détail qui a son importance. La carte de Cassini du 18ème siècle l’ignore.

En parcourant le pays de Saint-Vallier, on rencontre un nombre important de constructions en pierre sèche, toutes de formes variées, qu’elles soient avec une toiture en encorbellement ou recouvertes d’un toit en tuiles. Des murs innombrables partagent les parcelles, délimitent des propriétés, entourent une bergerie. Ces murs sont souvent imposants, mais n’offrent pas de particularité singulière. L’un d’entre eux pourtant présente une originalité que nous n’avons encore jamais rencontrée. Il s’agit d’un mur ordinaire, semblable à tant d’autres, mais qui est hérissé de grandes et longues pierres dressées sur son faîte. La vision est saisissante, surtout quand on l’approche par temps de brume.

Il existe des lieux dans l'arrière-pays grassois où il semble que la vie se soit figée depuis la nuit des temps, des lieux où seul le cours d'une rivière, tantôt bruissante, tantôt fracassante, vient animer un paysage où la forêt s'entremêle aux rochers brunis par les vents, le gel et le soleil. Le haut cours de la Siagne, non loin de ses sources, offre ainsi un spectacle naturel à la fois grandiose et secret où l'homme se sent indiscret et en même temps admis s'il sait regarder, se taire et écouter. Il pourra alors peut-être entendre la longue histoire d'un terroir oublié et l'étonnant défilé de l'écoulement des siècles à l'image de la rivière sans cesse renouvelée.

Premier aperçu sur le dégagement et l’étude du moulin à roue horizontale de Saint-Jean à Saint-Vallier (AM) - Jean-Ferdinand Petrucci / Daniel Thiery

Ce n'est qu'à partir du XXeme siècle que les habitants de Saint-Vallier ont pris l'habitude de nommer leur vieux moulin à blé sur la rivière de Siagne "Moulin de Saint-Jean", car il est situé en effet à 100 mètres en amont de la chapelle Saint-Jean. Dans les siècles passés, ce moulin portait le nom de "Moulin de la Motte" ou "de la Moutte", au Moyen Age, "Molendinum deMota".

Les encadrements de porte du village de Saint-Vallier-de-Thiey (A-M) - Daniel Thiery
 

« Les Fours à cuire pain » de Saint-Vallier -  Un cas exemplaire de banalités - Daniel THIERY. Il est bien connu que le pain, dès le moment où l’homme sut cultiver des céréales, fut l’aliment de première nécessité. Aussi l’histoire des « fours à cuire pain », comme l’on disait autrefois, est-elle riche et mouvementée. Elle est d’ailleurs liée à celle des moulins qui en sont le premier élément essentiel. A Saint-Vallier, comme dans beaucoup d’autres communes, fours et moulins sont indissociables, subissent les mêmes règles et font l’objet d’une attention particulière de la part de divers partenaires. L’étude de l’histoire des fours à pain de Saint-Vallier va permettre de découvrir un cas exemplaire de banalité puisque nous la rencontrerons sous les trois formes qu’elles pouvaient revêtir sous l’ancien régime : seigneuriale, communale et roturière.

Sur 3 noms de quartiers de Saint-Vallier - Castela Bran, l'Audide, Casteau Vassou (B 12) - Daniel Thiery
Légende et réalité sont parfois contradictoires. La légende plaît parce qu’elle raconte une histoire agréable et que l’on peut l’enjoliver à volonté, sans risque. La réalité, surtout historique, paraît plus sèche et ne permet aucunes fioritures.

Mais il peut arriver que l’histoire soit plus riche que la légende. C’est le cas pour trois noms de lieux de Saint-Vallier, Les Oudides, Castel Abraham et le Collet Assou.

Procès entre Claude de Tende et la Communauté de Saint-Vallier. 20 mai 1540. Daniel THIERY.
On ne sait ce qui motiva Claude de Tende, à la fois gouverneur de Provence et seigneur de Caussols-Cipières, à vouloir accaparer une partie du territoire de Saint-Vallier pour le joindre à celui de Caussols et agrandir ainsi son domaine, peut-être sa forte position de gouverneur, les appuis importants à la cour de France (parenté avec François 1er) et le rôle qu’il joua à Pavie. Malgré tous ces atouts cette tentative osée d’un seigneur puissant contre une communauté et son seigneur avorta, faute d’arguments solides, la justice ayant eu raison de la force.

LE VILLAGE DE SAINT-VALLIER-DE-THIEY : Formation. Population. Constitution sociale - Daniel Thiery

 

La commune de Saint-Vallier-de-Thiey - Un exemple d'habitat dispersé - Denis ALLEMAND et Catherine UNGAR - Village de Provence orientale, la commune de St-Vallier-de-Thiey occupe un vaste plateau étalé vers 700 m d'altitude sur le dernier contrefort des Préalpes grassoises au-dessus de Cabris. Au nord du village, le relief s'élève à plus de 1000 m pour former le Doublier, puis le Plateau de la Malle, et culmine à 1400 m à la montagne de Thiey. Ce relief est entaillé par quelques vallons et par les gorges de la Siagne...