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Le dolmen de Clamarquier menacé de disparaître (Rouret, Alpes-Maritimes)

  • Mis à jour Jeudi, 16 Février 2012 16:08
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L'Association pour la Protection du Dolmen de Clamaraquier, APDC, (sans but lucratif, dont le siège social est établi au 102, Route de Nice, 06650 Le Rouret, Alpes Maritimes) a sollicité la procédure d'inscription du Dolmen De Clamarquier, monument préhistorique datant du Chalcolithique (2 500 avant notre ère) sur la liste de sauvegarde relative à une conservation du patrimoine dans un milieu naturel constituant un paysage culturel.


clamarquier
(le dolmen de Clamarquier au Rouret - 2009, photo APDC)

Les travaux projetés représentent une menace sur le Dolmen De Clamarquier, situé 18-24 Chemin des Combes, 06650 Le Rouret cadastre section C parcelles 1935, 2209 et 770, due à l'urbanisation du quartier Clamarquier.

La demande est fondée sur les éléments suivants :

- la Déclaration Préalable pour un permis de construction affichée à la Mairie du Rouret et la vente du terrain où est situé le dolmen représente une menace.

- la destruction et la détérioration du monument préhistorique, malgré l'avertissement dûment affiché, par les propriétaires de la parcelle 2209 constitue une dégradation de l'intégrité et l'authenticité du Dolmen De Clamarquier dans son habitat naturel

- le Dolmen De Clamarquier a été fouillé en 1933 par l'archéologue Paul Goby, en 1969 par J. Courtin dans le cadre d'un travail de thèse de doctorat "Le Néolithique de Provence" et en 1978 par G. SAUZADE dans le cadre d'un sauvetage. Deux diagnostics archéologiques ont été réalisés en janvier et mai 2008 par l'INRAP

- en 1986, un fragment de hache polie a été trouvé en surface à environ 50m du dolmen

- le Dolmen De Clamarquier apporte un témoignage extraordinaire sur une tradition culturelle d'une civilisation disparue dans un cadre d'environnement vulnérable sous l'impact d'une mutation irréversible. L'implantation du dolmen sur ce terrain représente les interactions entre les hommes et un milieu naturel constituant un paysage culturel

- les travaux projetés sont situés sur un terrain contenant une diversité biologique d'une grande richesse. Un inventaire réalisé en 2009 ne ciblant que les orchidées a produit 15 variétés d'orchidées sauvages. Parmi celles-ci, Anacamptis coriophora=orchis coriophora est protégée sur la liste des orchidées protégées sur tout le territoire français et 11 variétés sont protégées par la Convention de Washington, 1973 appliquée dans les Alpes-Maritimes

En conséquence, il nous apparaît capital de prendre en compte la protection, la gestion et l'intégrité du Dolmen De Clamarquier et de son terrain. Une pétition circule et Nice Matin a publié un article la menace sur le dolmen http://www.nicematin.com/ta/dolmen/196737/alpes-maritimes-le-rouret-mobilisation-autour-d-un-dolmen-menace-par-l-urbanisation

Gilda CAMUTO, APDC



Rappel historique :

Le dolmen de Clamarquier a été fouillé vers 1930 par Paul Goby et Euzière, Jean Courtin en releva le plan en 1962 (plan ci-dessous)
clamarquier_1962
La cella (chambre funéraire) de forme rectangulaire (1,90 m x 1,70 m) est formée de cinq dalles, complétée par des murets en pierres sèches au nord et au sud. Le couloir est orienté vers le sud-ouest. Le tumulus circulaire mesure 10 mètres de diamètre.
Le seul mobilier connu à ce jour consiste en quelques armatures de flèches à retouche bifaciale, conservées dans la collection J. Prüfer (Gassin 1984) au Rouret, elles sont datables du Chalcolithique.

 

dolmen de clamarquier 1974
dolmen de clamarquier 1974
dolmen de clamarquier 1974
dolmen de clamarquier 1974
dolmen de clamarquier 1974
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dolmen de clamarquier 1974
Dolmen de Clamarquier en 1974 (M. Gourdon)



 

clamarquier 1978_1
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clamarquier 1978_2
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Dolmen de Clamarquier en 1978 (fouille G. Sauzade)




Le cas du Dolmen de Clamarquier nous montre que même lorsqu'un monument est identifié et connu, il n'en reste pas moins menacé, ici par des facteurs autres que ceux naturels puisqu'il s'agit d'urbanisation. Citons l'exemple du Dolmen de la Graou à Saint-Cézaire (cf article rubrique inventaire des mégalithes), pourtant classé Monument Historique et littéralement absorbé par une usine à la fin des années 90. Autant il est navrant de constater qu'un site disparaisse, faute d'entretien, la nature ayant repris ses droits, mais cela est d'autant plus inacceptable lorsque qu'il s'agit d'actions humaines en connaissance de cause.

 


Bibliographie

COURTIN, 1962 - Les dolmens à couloir de Provence orientale, L'Anthropologie, t. 66, N° 3-4, p. 269

CHENEVEAU, 1968 - Liste des mégalithes, pseudo-mégalithes et tumulus des Alpes-Maritimes, Mém IPAAM, t. XI, p. 81

COURTIN, 1974 - Le Néolithique de la Provence, thèse Mém. SPF, t. 11, p. 223

GOURDON, 1975 -  Le Néolithique et l'Age du bronze dans les Alpes-Maritimes, Mémoire de maîtrise d'histoire, Nice, p. 25, 26, 27, 49

BINDER, 1977 - Le bassin moyen du Loup (A. M.) du Néolithique à l'Age du fer, mém maîtrise d'histoire, Nice.

AUNE, 1992-93 -
Evolution du peuplement dans deux communautés du pays grassois : Roquefort et Le Rouret, Ann. soc. litt. Cannes et arr. de Grasse, p. 169-182

Commentaires  

 
0 # LLoyd Anne-Marie 26-12-2012 19:47
Ceci ne me surprend plus depuis longtemps. Les urbanistes sont des iconoclastes qui ne pensent qu'a se remplir les poches, en passant pas les elus, les promoteurs de construction,le s estivants etrangers revant de residences secondaires dans ce paradis qu'est ma Provence. Tout y passe : les pinedes, les vignes,les mimosas,les fermes et la Prehistoire.Bon courage tout de meme. Je m'en vais signer votre petition.
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