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Faisait partie du diocèse de Sisteron et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Manosque Nord. La commune, de 1952 hectares, est située sur la rive droite de la Durance entre les communes de Manosque au sud et de Villeneuve au nord. Elle est dans le même contexte de terrain que cette dernière commune. Elle est bien peuplée en 1315 avec 600 habitants. Elle en perd la moitié au XVe siècle pour ensuite progresser spectaculairement avec 702 habitants en 1765, 956 en 1851, 1334 en 1962, plus de 2800 actuellement (Atlas, p. 206).

Les historiens actuels ne mettent plus guère en doute la charte du 26 mars 812 par laquelle l’évêque de Sisteron Jean II fonde une abbaye bénédictine au lieu-dit Baulis, que l’on place dans la commune de Volx. Par cette charte, l’évêque donne les églises en l’honneur de la sainte mère de Dieu, celle de Saint-Jean le précurseur et baptiste avec le baptistère très ancien (antiquito), une autre église en l’honneur de saint Etienne protomartyr, et une autre de saint Martin confesseur, dans le comté et diocèse de Sisteron, sous le mont, au lieu-dit appelé Baulis, avec tous les droits dépendant de notre siège épiscopal de Sisteron. Lesquelles choses sont faites sous le conseil et l’aide de notre seigneur très glorieux et très pieux Charlemagne. Le monastère sera établi sous la règle de saint Benoît et sera occupé par douze religieux sous l’autorité du dénommé Adémar. En outre, nous concédons une autre église dédiée à saint Saturnin (GCN I, Inst. col. 440).

Le texte présente d’abord la donation de quatre églises dont il est dit par la suite qu’elles sont in circuitu, dans le même endroit consacré. Puis c’est la donation d’une cinquième, celle de Saint-Saturnin que nous avons placé sur la commune voisine de Villeneuve (voir monographie de cette commune). La vie du monastère n’a pas dû être très longue à cause des fléaux qui s’abattent sur la Provence au Xe siècle. Mais les églises ont cependant perduré et nous allons tenter de les retrouver.

 

590. Notre-Dame de Baulis

Il s’agit de l’ancienne église paroissiale après avoir été l’église du monastère bénédictin fondé en 812 et devenue prieuré lors de sa réunion à l’abbaye de Psalmody en 1029 1. Voici ce qu’en dit Provence Romane 2 : c’est au pied de cette colline et tout près du village de Volx que se trouvait le monastère fondé en 812, avec l’appui de Charlemagne, par l’évêque Jean II de Sisteron … Au début du XIe siècle, cette maison fut rattachée à l’abbaye de Psalmodi en Languedoc, dont elle devint un simple prieuré. La chapelle de ce monastère communément connue sous le nom de Sainte-Victoire et entourée d’un cimetière se voyait encore à la fin du XIXe siècle (p. 247). R. Collier est plus précis : la chapelle Sainte-Victoire, ou mieux Notre-Dame de Baulis, située dans l’ancien cimetière de Volx et détruite en 1906, se donne pour l’acte de fondation d’une abbaye bénédictine au lieu-dit Baulis. L’église - ou plutôt sa devancière - fut donné en 1029 à l’abbaye de Psalmodi et cessa d’être paroissiale en 1648 (p. 97). Déjà les visites pastorales du XIXe siècle laissaient présager cette fin. En 1858, il y a une ancienne chapelle au cimetière qu’il s’agit de restaurer. Puis en 1890 et 1892, chapelle rurale ND de Baulis en ruine dans l’ancien cimetière (2 V 88, 90 et 93). La CAG fait état de la découverte à proximité de la chapelle d’un autel antique dédiée à la Victoire ainsi que d’une tombe sous lauzes et d’une autre sous tuiles (p. 508).

 

591. Saint-Jean et le baptistère

C’est la deuxième église mentionnée en 812. Elle est sous le titre de Jean le Précurseur dit aussi le Baptiste. Elle est jointe à un baptistère qualifiée d’antiquito. On n’a plus de nouvelles d’elle par la suite et Achard reconnaît son ignorance. La CAG situe un quartier Saint-Jean dans la zone aujourd’hui urbanisée située au sud du vieux village. On y a découvert un habitat du Haut Empire (p. 510). Pour les archéologues l’église pouvait se trouver là, mais peut-être au lieu-dit Les Quatre-Tours à Villeneuve. Quant au baptistère, il pourrait se situer au quartier de la Magdeleine où se trouvait une grande villa antique. Parmi les ruines, un édifice circulaire voûté, hexagonal à l’intérieur que l’on a pris pour une chapelle et qui pourrait correspondre au baptistère (CAG, p. 510). La carte de Cassini en tout cas signale une chapelle à la Madelaine.

 

592. Saint-Martin

A 1500 mètres au NO de Volx est situé un quartier St-Martin. C’est là que certains auteurs situent l’église mentionnée en 812. Achard est plus précis : il est certain qu’on ne trouve que des vestiges de celle de St-Martin, derrière la montagne de Volx, au quartier des Hubats (III, p. 120). La carte de Cassini ne la signale pas.

 

593. Eglise Saint-Cannat

C’est encore Achard qui nous fait découvrir cette église : N-D de Baulis acquit peu de temps après une 4e église ; c’est celle de St-Cannat, dont on voit encore quelques débris, au quartier connu sous le nom de ce St, près de l’embouchure du Largue (III, p. 120). Le toponyme figure sur la commune de Villeneuve en limite avec celle de Volx près de la Bastide Neuve. Il apparaît sur le plan cadastral et les cartes modernes mais sans édifice.

 

594. Chapelle Saint-Clément

Elle n’est citée par aucun texte mais figure comme édifice religieux sur la carte de Cassini. On a découvert aux alentours des tombes, des céramiques, des tuiles antiques (CAG, p. 510).

 

Synthèse

C’est lorque l’on possède une bonne documentation que l’on perçoit la densité des églises sur un terroir, ici pas moins de quatre. On a constaté le même phénomène au début du XIe siècle à Saint-Martin-de-Bromes. Sur les quatre, seule Notre-Dame de Baulis a perduré jusqu’au tout début du XXe siècle, les autres ayant disparu depuis longtemps. Il en est également de même de l’église Saint-Etienne qui n’a laissé aucune trace.

 


1 Collier, p. 97. Abbayes et Prieurés, II, p. 97. Achard III, p. 121. Souvenirs religieux, p. 21-22. Provence Romane 2, p. 247.

 

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Faisait partie du diocèse de Gap et de la viguerie de Sisteron, aujourd’hui chef-lieu de canton. D’une superficie de 2461 hectares, la commune s’étale sur la rive gauche de la Durance au sud de Sisteron et est limitrophe au sud avec celle de l’Escale. Le passage de la voie antique Digne/Sisteron, la proximité du fort fluvial du Bourguet ont attiré les colons romains sur la terrasse qui domine la Durance et ils y ont laissé de nombreux indices de leur présence (CAG, p. 504-507). Il en fut de même au début du XIe siècle, le territoire est dans les mains d’une puissante famille, celle des Mison-Dromon. L’origine de cette branche remonte à l’année 1023 quand l’évêque de Gap, Féraud, inféode la châtellenie de Dromon, l’une des plus importantes de son diocèse, et la vicomté de Gap à la famille de Mison 1. Le premier connu des seigneurs de Volonne, issu de cette famille, est Isnard de Volonne avec sa femme Dalmatia. On les rencontre en 1030 lors de la donation de l’église de Saint-Geniez à Saint-Victor Ils donnent également des terres situées à Dromon ainsi que les droits de passage (CSV 2, n° 712, 713, 714). Nous rencontrons ensuite le troisième fils du couple en 1060. Il se prénomme Pierre et est marié à Bellissima ou Bilisma. Il fait don à Saint-Victor en 1060 de son propre alleu de terres situées à l’Escale et Bezaudun. En 1063, sa femme fait de même (CSV 2, n° 703 et 705). La charte de 1060 indique que toutes ces terres et donations sont situées dans le comté de Gap et dans le territoire de Volonne. Ce dernier s’étendait donc de Saint-Géniez à Malijai.

 

587. Le prieuré Saint-Martin de Cornillon

Parmi les biens de Saint-Victor sis précisément sur le territoire de Volonne se trouvait la cella sancti Martini de Cornillon citée en 1113 et 1135 ((CSV II, n° 848, p. 237 et n° 844, p. 226). Mais en 1180, il s’élève une controverse entre les moines de Saint-Victor et les chanoines de Chardavon au sujet des églises de Saint-Martin de Cornillon, de Bezaudun et de l’Escale. L’archevêque d’Aix, Henri, en présence du seigneur Pierre, évêque d’Apt et du seigneur Bermond de Sisteron, du seigneur Grégoire évêque de Gap, décide d’attribuer l’église de l’Escale avec sa paroisse, tant du bourg que du castrum, aux moines de Saint-Victor. Pour ce qui est des églises de Bezaudun avec sa paroisse et de Saint-Martin de Cornillon, elles sont attribuées aux chanoines. Acte passé à Sisteron (CSV II, n° 870, p. 260-261). L’église du prieuré avec le cimetière, malgré son éloignement du centre du village, va devenir l’église paroissiale et le restera jusqu’au milieu du XVIe siècle, étant toujours desservie par un prior Sancti Martini de Cornilhono, de la prévôté des chanoines augustins de Chardavon. Détruite en partie, réparée plusieurs fois, l’église a retrouvé son allure primitive que les auteurs datent du premier âge roman, début XIIe siècle ou même XIe siècle 2. Elle a été classée MH en 1971.

 

588. Saint-Jean de Taravon

Les quartiers de Saint-Jean et de Taravon se trouvent à 2 km au NO du village, en bordure de la route menant à Sisteron dans ce qui est nommé le Plan de Volonne, car occupant le plateau de la terrasse côtoyant la Durance. C’est entre Taravon et Saint-Jean qu’est située une chapelle dont le nom apparaît en 1350. C’est alors une église desservie par un prior de Taraono (Pouillés, p. 89). Ce prieur est comme pour Saint-Martin un chanoine augustin de Chardavon. C’est ce que confirme l’évêque en 1602 : église ou chapelle Saint-Jean de Taravon, dépend de Chardavon, mais elle a esté trouvée démolie excepté une chapelle (ADHA, G 780). Réparée plusieurs fois, mais dénaturée, on s’y rendait en procession selon le coutumier de 1835 (2 V 73). A la fin du XIXe siècle, elle est encore en état, mais sans mobilier (2 V 92, visites de 1862, 1868 et 1871). Mais lors de l’inventaire de 1906 la chapelle St Jean, complètement vide et délabrée, 40 m² (1 V 68).

Des recherches récentes relatées dans la CAG parue en 1997 (p. 505-507) ont révélé des traces d’occupation antique et un important monument du haut Moyen Age. Il y aurait eu à proximité une villa antique dont quelques éléments lapidaires auraient été réemployés dans la chapelle. Dans l’intérieur de l’édifice ont été retrouvées treize tombes de trois types, en plein terre, sous lauzes et en coffres de pierre. On a pu les dater entre les VIIIe-Xe siècles. La chapelle a pu servir également de baptistère dès son origine, la titulature à saint Jean-Baptiste allant dans ce sens. Enfin le plan primitif restitué présente un édifice de plan centré, globalement carré (environ 20 m de côté), organisé autour d’une croix grecque. Ce type de monument, inédit en Provence, présente des similitudes avec certaines églises wisigothiques du nord de l’Espagne datées du VIIe siècle.

 

589. Chapelle Sainte-Madeleine

Disparue aujourd’hui on ne connaît son existence que lors de la visiste de l’évêque de Gap en 1602 : une chapelle fondée sous le titre de la sainte Marie-Madelaine au terroir de Volonne, dépendant du prieuré de Vilhosc. L’évêque envoie un de ses chanoines la visiter et celui-ci la trouve toutte rompue et desmollie jusques aux fondements fors ung peu d’une murailhe quy s’en va par terre, distante dud. Vollonne presque d’une lue. Dans ses ordonnances, il ordonne de la rebâtir. Un quartier porte son nom et même une grande colline culminant à 844 mètres dominant de près de 300 mètres le ravin de la Frache qui la contourne sur trois côtés. La carte de Cassini y place au sommet une chapelle Ste Magdeleine. On n’a plus de nouvelles par la suite. L’inventaire de 1906 recense seulement deux chapelles en ruine, Saint-Martin et Saint-Jean.

 

Synthèse

Le site de Saint-Jean se révèle exceptionnel car il peut remonter à la période paléochrétienne. Comme les archéologues le pressentent, des fouilles approfondies permettraient de le confirmer. Le prieuré Saint-Martin offre une architecture du premier âge roman. Son implantation en milieu ouvert, à l’écart de l’agglomération, le cimetière attenant, présentent les caractéristiques des premières églises paroissiales.

 


1 RIPERT-MONCLAR De, Cartulaire de la Commanderie de Richerenches, de l’ordre du Temple, Paris, 1907, p. LVIII.

2 Provence Romane 2 p. 65-72. Alpes Romanes p. 66. Bailly (p. 44-45). Collier, p. 52-54, 58, 60.

 

 

 

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Faisait partie du diocèse d’Aix et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Reillanne. Cette petite commune de 959 hectares est située à l’est de Reillanne à une altitude moyenne de 500 mètres. Elle est traversée par la rivière le Largue. Le climat est tempéré ; le sol de la Plaine est très fertile et les eaux abondantes y favorisent la verdure des prairies (Achard III, p. 98). Le territoire était traversé par la via Domitia passant à la chapelle Notre-Dame-du-Pont. C’est ce que suggère Achard : le chemin « Seynié » qui conduit d’Ardenne à Ceyreste passe pour être une Voie militaire des Romains. La population a atteint les 350 habitants en 1315 pour n’en conserver que 80 en 1471. Par la suite, elle parviendra à 286 en 1851 (Atlas, p. 207).

Le castrum de Villamuris est cité au début du XIIIe siècle (Bouche I, p. 218), mais le nom apparaît auparavant, aux alentours de 1025, in castro quod dicitur Villa Murs (CSV I, n° 418, p. 424). Ce n’est qu’en 1118 que l’on apprend que l’ecclesia de Villamuris fait partie des possessions de l’abbaye de Montmajour (GCN I, Inst, col. 9). Elle l’est encore du temps d’Achard : le curé a le titre de Prieur décimateur. Il est à la collation des Bénédictins de Montmajour. L’église paroissiale est sous le titre de saint Etienne et a comme patron saint Trophime. Pour R. Collier, cette église possède des traces de structure médiévale – appareil, moulures, claveaux – et a dû faire l’objet de maintes reprises. Sa nef, sans travées, est voûtée en berceau, peut-être surbaissé, avec une moulure seulement à droite ; l’abside, en cul-de-four, offre une moulure, mais sans doute en plâtre, comme la précédente. Une double arcade en plein cintre, retombant sur une pile rectangulaire, fait communiquer la nef avec un bas-côté moins long qu’elle et voûté d’arêtes. Des impostes formées par un méplat et un quart-de-rond existent à la naissance des arcades. Un clocher, assez monumental, à trois baies en bel appareil, couronne l’édifice (p. 217-218).

 

582. Notre-Dame-du-Pont ou du Largue

Cette chapelle est située à l’extrémité NO de la commune et sur le tracé de la via Domitia, aujourd’hui la N 100. Elle protégeait également un pont jeté sur le Largue dont Achard dit qu’il est fort élevé et fort ancien. Il est très bien dessiné sur le plan cadastral et la route est dite Route royale d’Apt à Forcalquier (section A 1). Provence Romane 2 nous apprend que Notre-Dame du Pont, qui a un recteur en 1274 et un prieur en 1351, est un édifice dont le plan est identique à celui de la proche chapelle Saint-Syméon de Lincel, mais beaucoup plus grand ; seuls sont appareillés le cul-de-four du sanctuaire, les encadrements de fenêtres et les angles de la construction ; les autres parties, par mesure d’économie, sont bâties en moellons irréguliers. Un ermitage qui présente une double porte en plein cintre parfaitement appareillée, prolonge vers l’Ouest cette église romane (p. 246). R. Collier date la partie inférieure de l’abside en petit appareil de taille assez régulier de la fin XIe-XIIe siècle. Il date la porte de la première moitié-milieu XVIIe siècle (p.149). Bien qu’étant dans le diocèse d’Aix, Notre-Dame dépend de l’évêché de Sisteron. Les pouillés de ce diocèse en 1274 citent en effet un rector ecclesie Beate Marie de Ponte et un prior de Ponte en 1351 (p. 120).

Curieusement au XIXe siècle la chapelle est dite parfois Notre-Dame de la Roque ou de la Roche ou Notre-Dame du Pont. C’est ce que révèle le coutumier de 1835 : le jour de la sollennité de la fête de la Nativité de la Ste Vierge, le matin, bon matin, on se rend en procession à une chapelle dite Nostre Dame de la Roche. On y célèbre la messe, ensuite on revient au village pour y célébrer la dernière messe (2 V 73). Le 21 avril 1874, la chapelle rurale ND de la Roque, à 3 kil. du village, elle est décente. Puis, en 1859, 1863, 1866 et 1871, la chapelle ND du Pont est convenablement entretenue (2 V 86 et 90). Si la paroisse dépend de Montmajour, Notre-Dame du Pont dépend de l’archevêque d’Aix. C’est ce que nous révèle Achard : l’Archevêque d’Arles nomme au petit bénéfice de N-D du Pont. Quand à Féraud, il confirme la procession : on trouve à l’extrémité du territoire et près de la rivière du Largue, une chapelle que l’on assure être fort ancienne, et où l’on se rend en procession le jour de la nativité de la sainte Vierge, 8 septembre (p. 381). Le PR reconnaît en Joseph Jullien le gardien de l’ermitage en 1774 (n° 23, p. 53).

 

583. Chapelle Saint-Trophime

C’est la CAG qui signale qu’autour de l’ancienne chapelle Saint-Trophime (non signalée par la carte IGN), située dans la plaine (sans doute au lieu-dit le Prieuré, au pied nord du village), nécropole gallo-romaine (datation non précisée). On y aurait découvert un cercueil en plomb contenant un squelette, divers objets et des monnaies romaines (p. 496). Cette chapelle n’apparaît pas sur le plan cadastral ni sur Cassini. La paroisse a comme patron saint Trophime et Achard rapporte qu’après saint Etienne il est le deuxième protecteur de la paroisse. Sa fête qui a lieu le 29 décembre donnait lieu à un roumeiragis.

 

584. Chapelle de la Grande Bastide

Seul R. Collier signale cette chapelle qui, de par la netteté de ses lignes, est un remarquable spécimen de l’art gothique du XVIIe siècle. Occupant le rez-de-chaussée du pavillon de droite, elle ne comprend qu’une travée ; de plan carré, celle-ci est voûtée sur croisée d’ogives ; les nervures se réduisent à deux tores se croisant et aboutissant à des culots. Des renfoncements ouvrent sur trois côtés, avec arcades brisées, pilastres et impostes (p. 179).

 

Synthèse

Il est sûr que le passage de la voie, romaine d’abord, royale ensuite, a favorisé la colonisation du terroir. On y relève des traces d’occupation antique et la fondation d’édifices religieux. La chapelle Notre-Dame du Pont semble bien avoir une fonction de protection sur le passage toujours risqué d’une rivière. Le site a pu succéder à un relais et à un péage. Saint-Trophime est sans doute la première église paroissiale ayant précédé celle du castrum. Le nom du titulaire se retrouve comme patron et la chapelle, quand elle était encore en état, faisait l’objet d’un pèlerinage.

 

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Faisait partie du diocèse de Sisteron et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Forcalquier. D’une superficie de 1952 hectares la commune s’étend sur la rive droite de la Durance entre la Brillanne au nord et Volx au sud. Nous recourons encore une fois à Achard pour connaître l’origine du village : il étoit autrefois sur le sommet d’une colline escarpée située vis-à-vis la Roche de Volx : mais ce site étant désagréable et difficile, on transféra le Village au lieu où il est aujourd’hui. Il existe une transaction passée entre Jacques de Brancas et Angélique de Brancas, sa mère, des Seigneurs de la Roche de Volx et les habitants de ce lieu, par laquelle nous connaissons l’époque de cette transaction. Ce fut en 1443, et, dans le même temps, l’on donna à ce lieu le nom de Villeneuve (III, p. 102).

 

585. Notre-Dame de la Roche

Cette chapelle, restaurée en 1972, fut l’église paroissiale du premier village. Celui-ci était situé à l’ouest du village actuel sur une haute colline dominant de plus de 200 mètres la terrasse fluviale de la Durance et surplombant le passage étroit du Largue. La plate-forme sommitale, d’une centaine d’hectares a livré un habitat de l’âge du Bronze, une occupation au second âge du Fer, puis antique et médiévale (CAG, p. 497-502). Le premier nom connu de ce village est celui d’un castrum qui dicitur Rocha Amaritudinis, livré entre 1060 et 1064 (CSV II, n° 660, p. 8). La Roche Amère est ensuite citée en 1274 avec un capellanus ecclesie de Rocha et un prior ecclesie Roche Amare qui est abbatis Beati Egidii (Pouillés, p. 120). A cette date l’église dépend donc de l’abbaye de Saint-Gilles et celà depuis l’année 1150 où elle fut donnée aux Hospitaliers par l’évêque de Sisteron, Pierre de Sabran. Elle est sous le titre de Notre-Dame de la Roche, ou de la Roque ou du Roc.

Suite à l’abandon du village pour un autre site, Notre-Dame va devenir une simple chapelle. Elle est mentionnée par Cassini qui signale également un ermitage à proximité. Les visites pastorales du XIXe siècle la reconnaissent en bon état en 1858, 1862 et 1867 (2 V 88). Notre-Dame de la Roche, qui jouxte les vestiges d’une forteresse médiévale de plan triangulaire (avec donjon polygonal), auprès de laquelle se trouvait un village abandonné au milieu du XVe siècle au profit de Villeneuve, présente une abside romane flanquée des restes d’une absidiole (Provence Romane 2, p. 247). L’abbé Féraud rapporte : on trouve les ruines d’un ancien château-fort. Il n’y a plus d’intact qu’une chapelle dédiée à Notre-Dame-de-la-Roche où l’on se rend en procession le dimanche qui suit la fête de la Nativité de la Sainte Vierge, 8 septembre (p. 331).

 

586. Chapelle Saint-Saturnin

Elle n’existe plus depuis un bon moment puisqu’Achard reconnaît une ancienne chapelle détruite sous le titre de ce saint et un ruisseau qui porte ce nom. On le passe sur 2 ponts qui sont nécessaires après les pluies d’orage (III, p. 102). Aujourd’hui subsiste le nom de quartier de St-Saturnin. Cette chapelle disparue fut d’abord une église citée en 812 lors la création d’une abbaye au lieu-dit Baulis par l’évêque de Sisteron Jean II. Nous exposerons cette charte dans la monographie de Volx. L’évêque, outre quatre églises, concède l’ecclesia in honore sancti Saturnini (GCN I, Inst. col. 440). Elle est donnée avec tous ses biens et cum arboribus olivarum ad oleum faciendum. Elle réapparaît après les troubles du Xe siècle mais encore en état puisqu’entre 1060 et 1064 l’évêque de Sisteron Gérard fait don à l’abbaye de Saint-Victor de plusieurs églises dont l’ecclesia sancti Saturnini in territorio castri qui dicitur Rocha Amaritudinis (CSV II, n° 660, p. 8). Puis c’est le silence jusqu’à la citation d’Achard qui reconnaît sa ruine complète. Saint Saturnin subsiste cependant comme titulaire de l’église paroissiale. Le quartier de Saint-Saturnin a livré en outre une grande quantité de matériel antique dont un bâtiment avec une salle décorée d’une mosaïque (CAG, p. 502).

 

Synthèse

Il est rare de rencontrer un site dont l’occupation est pérenne depuis la Préhistoire jusqu’au milieu du XVe siècle. Seuls subsistent des découvertes sporadiques, des pans de murs du château féodal et une chapelle qui a bravé le temps. Le site de Saint-Saturnin présente également un habitat présent depuis l’Antiquité, revitalisé à l’époque caroligienne avec une église, puis repris au cours du XIe siècle par les moines de Saint-Victor.

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Faisait partie du diocèse de Senez et de la viguerie de Colmars, aujourd’hui dans le canton de St-André-les-Alpes. D’une superficie de 4059 hectares, la commune est située sur la rive droite du Verdon au sud de la commune de Colmars. Le territoire est montagneux et escarpé, le village étant établi à plus de 1200 mètres d’altitude. Ce n’est que depuis mai 1792 que la commune a été constituée en tant que telle, auparavant le territoire dépendait de la commune de Colmars. C’est pourquoi quand l’évêque de Senez se rend dans le Haut Verdon en 1697 il visite Villars en même temps que Colmars. Il qualifie Villars de hameau avec son église succursale (dépendant) de Colmars (2 G 17). C’est ainsi d’ailleurs que la nomme également la carte de Cassini n° 152. Cette église est sous le titre de la Transfiguration ou du Saint-Sauveur. R. Collier lui attribue saint Sévère comme titulaire et la range dans les édifices gothiques des XVIIe et XVIIIe siècles. Rectangulaire, elle comprend quatre travées dont la dernière constitue le chevet et qui sont voûtées sur simili-croisées d’ogives. Des arcades en plein cintre et des piles rectangulaires séparent la nef d’un bas-côté, à droite. Doubleaux surbaissés, impostes soutenues par des têtes d’anges (XVIIe siècle). En arrière de l’église, contre le chœur, clocher-tour, de section carrée (p. 189-190).

 

579. Chapelle de la Visitation ou de Saint-Blaise

Il s’agit d’une chapelle qui est mentionnée lors des visites pastorales du XIXe siècle soit sous le titre de saint Blaise soit sous celui de la Visitation. La Visitation est citée le 27 octobre 1869 : une chapelle rurale de la Visitation, toiture en bon état, voûte en bois, clocher. En 1876, chapelle rurale de St-Blaise au bas quartier en mauvais état. Puis le 26 octobre 1889 : la Visitation est en mauvais état. C’est seulement en 1894 que nous apprenons que la chapelle Saint-Blaise ou de la Visitation sont le même édifice (2 V 87, 93 et 94). Elle existe toujours sous le titre Saint-Blaise le toit recouvert de bardeaux de bois.

 

580. Saint-Raphaël de Chasse

Chasse est un hameau perché à plus de 1400 mètres d’altitude au NO de Villars sur les berges du torrent de Chasse qui se jette dans le Verdon. L’évêque de Senez s’y rend en 1697 et visite l’église et le cimetière. Trois ans plus tard il y retourne et reconnaît que l’église est sous le titre de Saint-Raphaël (2 G 17).

 

581. Chapelle Saint-Pierre

C’est une chapelle qualifiée de rurale, située 300 mètres au sud de Chasse et dont il est difficile de préciser l’origine. Mgr Soanen, lors de ses deux visites ne la mentionne pas et elle ne figure pas sur Cassini. On en possède une citation en 1869 : chapelle rurale St-Pierre, toiture et voûte en bon état (2 V 87). Elle figure sur le cadastre napoléonien de 1827 en section B 2, parcelle 1140.

 

Synthèse

On ne possède pas de sources documentaires sur cette commune concernant la fin du Moyen Age, étant alors un simple territoire dépendant de Colmars jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Aussi est-il difficile d’avancer quelques hypothèses quelconques sur l’origine des chapelles rurales.

 

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